Christian Jacob critique le «pouvoir sans partage» d'Emmanuel Macron

POLITIQUE Le président des députés LR tacle aussi bien la communication que le mode d’exercice du pouvoir du président…

D.B. avec AFP

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Christian Jacob le 28 juin 2017 à Paris. AFP PHOTO / GEOFFROY VAN DER HASSELT
Christian Jacob le 28 juin 2017 à Paris. AFP PHOTO / GEOFFROY VAN DER HASSELT — AFP

Christian Jacob n’y va pas de mains mortes avec Emanuel Macron. Le président des députés LR a mis en garde dimanche sur BFMTV Emmanuel Macron contre un « pouvoir sans partage », estimant qu’il y avait un « côté calcul » de sa part dans la convocation d’un Congrès à Versailles la veille de la déclaration de politique générale du Premier ministre.

« Je suis surpris sur la forme, l’intervention du président de la République qui va se faire la veille de celle du Premier ministre, de par la légitimité qui est celle du président, cela va forcément écraser l’intervention du Premier ministre (…)», a estimé Christian Jacob.

Macron « joue astucieusement entre la lettre et l’esprit de notre Constitution », a-t-il décrypté. « Il y a un côté calcul, qui est de sa responsabilité », a-t-il dit, estimant que le président aurait aussi bien pu convoquer un Congrès en septembre ou octobre.

« Tout est verrouillé »

Christian Jacob a jugé qu’en ce début de quinquennat il n’y a « pas de partage dans le pouvoir ». « Tout est verrouillé, jusqu’au plus haut point, vous avez vu dans le Journal officiel que les collaborateurs du président allaient être conjoints pour certains d’entre eux avec le Premier ministre, cela ne s’est jamais vu ! », s’est-il exclamé.

« Cela veut dire que tous les arbitrages seront rendus à l’Elysée », a-t-il dit. Pour « plus d’efficacité » lui demande la journaliste ? « A partir du moment où l’on ne partage pas le pouvoir on est plus efficace, simplement on est peut-être un peu moins démocrate aussi », a-t-il lancé.

Alors qu’il a réclamé au président un « arbitrage » en faveur des droits de « l’opposition » à l’Assemblée, Christian Jacob a indiqué qu’il s’était vu répondre qu'« au titre la séparation des pouvoirs (Emmanuel Macron) ne peut pas intervenir ».

Macron « refuse le débat direct avec les journalistes »

« Si le débat ne vit pas à l’Assemblée (…), si cela ne se passe pas dans l’hémicycle, cela peut à un moment se passer dans la rue ou ailleurs », a encore mis en garde Christian Jacob, alors que la désignation du député « constructif » Thierry Solère comme questeur au détriment du candidat LR a créé un psychodrame à l’Assemblée.

Enfin il a critiqué le choix des ordonnances pour la réforme du droit du travail, assurant qu’on « ne gagne pas de temps » avec cette procédure. « Il y a un risque majeur à ne pas assumer à avoir un débat sur ce sujet à l’Assemblée », a-t-il dit.

Par ailleurs, il a dressé un parallèle entre Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump.Macron « refuse le débat direct avec les journalistes pour faire des interventions solennelles », a-t-il remarqué, estimant que « sur la forme, il y a certaines comparaisons », a-t-il dit.