Mélenchon accuse Macron d'humilier son Premier ministre

POUVOIR Le groupe parlementaire du leader de La France insoumise boycottera l'intervention du chef de l'Etat à Versailles lundi...

N. Se. avec AFP

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Le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe à l'Elysée le 18 mai 2017.
Le président Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe à l'Elysée le 18 mai 2017. — PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

Comme à son habitude, le leader de La France insoumise ne mâche pas ses mots quand il s’en prend au président de la République. Dans un entretien au Journal du Dimanche, Jean-Luc Mélenchon dénonce l’exercice « pharaonique » du pouvoir par Emmanuel Macron, l’accusant d’humilier son Premier ministre et d’abaisser le Parlement.

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Evoquant notamment le discours que doit prononcer lundi le chef de l’Etat devant les deux Chambres réunies en Congrès, à la veille de la déclaration de politique générale d’Edouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon assure qu’il s’agit d' « une situation asphyxiante pour tout le monde, y compris ses propres partisans et surtout son Premier ministre ».

Une situation dont Edouard Philippe serait prisonnier. Selon lui, l’ancien maire du Havre « a trahi son parti pour faire carrière. Il sait qu’il est un homme seul. Le président le sait et l’a piégé. Édouard Philippe n’a plus d’autres choix que de baisser la tête et de dire oui. S’il démissionnait, ce qu’aurait fait n’importe quel Premier ministre à sa place, il provoquerait une crise. Il ne le fera pas. Il vient d’être réduit au néant politique », analyse Jean-Luc Mélenchon. Et d’ajouter pour mieux l’achever : « Le voilà rabaissé devant tout le Parlement au rang de "collaborateur" que Sarkozy voulait pour Fillon. Dans l’humiliation d’un Premier ministre, personne n’est allé si loin. Et dans l’abaissement du Parlement non plus ».

La France insoumise déterminée à s’opposer au gouvernement

Le groupe parlementaire de Jean-Luc Mélenchon a décidé de boycotter l’intervention présidentielle à Versailles lundi.  Le nouveau député des Bouches-du-Rhône est bien décidé à incarner une opposition déterminée au Parlement comme en dehors, notamment contre la réforme du Code du travail. « L’opposition sera globale et frontale. Mais surtout nous serons une opposition qui argumente et propose afin de convaincre », précise-t-il dans l'entretien, se faisant fort d’effriter la cohésion des élus du parti présidentiel de la République en marche, en faisant « changer d’avis beaucoup de députés ».

« Voyez la composition sociale de ce groupe : des cadres supérieurs. Dans la vie ils donnent des ordres et n’ont pas l’habitude d’en recevoir. Donc, si on argumente, ils ne se plieront pas forcément à la discipline imposée par le Président et (le président du groupe REM à l’Assemblée) Richard Ferrand, le vrai numéro deux du régime », argumente Jean-Luc Mélenchon. « Nous ne lâcherons rien. Nous informerons, nous mobiliserons. S’il le faut, nous appellerons nous-mêmes à des mobilisations populaires avec la jeunesse et dans les quartiers », ajoute-t-il également.