«Je quitte un parti mais je n’abdique pas l’idéal socialiste », Benoît Hamon quitte le Parti socialiste

POLITIQUE «Aux militants qui restent, je ne leur dis pas "adieu" mais "au revoir", "à tout de suite" dans les combats que nous allons mener», a déclaré l'ancien candidat à la présidentielle ce samedi à Paris...

M.P. avec AFP

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Benoît Hamon, le 23 avril 2017, jour de son élimination à la présidentielle 2017.
Benoît Hamon, le 23 avril 2017, jour de son élimination à la présidentielle 2017. — MARTIN BUREAU / AFP

L’ancien candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon a annoncé, ce samedi à Paris, son départ du Parti socialiste au sein duquel il militait depuis trente ans. Le candidat malheureux de la dernière présidentielle a affirmé vouloir s’atteler à la reconstruction de la gauche avec son « mouvement du 1er juillet ».

Cette annonce surprise intervient quelques jours après une annonce similaire de l’ancien Premier ministre Manuel Valls, qui a rejoint mardi le groupe des députés de la République en marche.

« Que la majorité sociale redevienne une majorité politique »

« Aujourd’hui j’ai décidé de quitter le Parti socialiste. Je quitte un parti mais je n’abdique pas l’idéal socialiste », a affirmé Benoît Hamon en conclusion d’un discours d’environ une heure, prononcé selon lui devant 11.000 personnes à l’occasion du lancement du mouvement, pelouse de Reuilly à Paris.

L’ancien candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon a effectivement lancé ce samedi le « mouvement du 1er juillet »,, une initiative dont l’ambition est de « refaire la gauche », observée avec une certaine indifférence voire méfiance par le reste du monde politique.

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« Aux militants qui restent, je ne leur dis pas "adieu" mais "au revoir", "à tout de suite" »

Samedi, après avoir annoncé son départ du PS et en référence à la naissance du parti en 1971, Benoît Hamon a encore déclaré : « Le parti socialiste a peut-être fait son temps. Il a eu des heures glorieuses, ma conviction est qu’aujourd’hui il est temps de tourner une page pour nous inscrire dans un processus comparable à celui d’Epinay. »

« Aux militants qui restent, je ne leur dis pas "adieu" mais "au revoir", "à tout de suite" dans les combats que nous allons mener, car nous aurons à nous retrouver tous ensemble dans la grande famille de la gauche pour l’indispensable rassemblement, la future maison commune sans laquelle il n’y aura pas de victoire possible », a ajouté Benoît Hamon.

« Pour ma part je vais m’atteler avec vous maintenant à participer à la reconstruction de la gauche », a confié l’ancien ministre de François Hollande qui souhaite que son mouvement soit l’une « des poutres sur laquelle la gauche doit être reconstruite ».

« Les Français ont commencé à abandonner le vote socialiste »

Pourquoi quitter le PS, après avoir porté ses couleurs à la présidentielle, et alors qu’une part substantielle des cadres de la droite du parti a rejoint la République en marche ? « Le mouvement pour qu’il ait de la crédibilité supposait que je mette un terme à mon appartenance au PS », a répondu Benoît Hamon.

D’ailleurs, l’ancien député des Yvelines ne semble par ailleurs plus guère croire à la possibilité pour le PS de se remettre de ses défaites électorales. « Nous avons été pour partie remplacés par la République en marche et par La France insoumise. Les Français ont commencé à abandonner le vote socialiste. Ce n’est pas un énième épisode de l’alternance de la droite et de la gauche », a-t-il ainsi estimé dans son discours.

Benoît Hamon a appelé ses partisans à se retrouver à l’automne, pour ce qui sera un « moment de structuration nationale (du) mouvement », a-t-il précisé à la presse.