Nicolas Sarkozy exalte les «racines chrétiennes de l'Europe»

Sa. C. avec agence

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Nicolas Sarkozy a été reçu jeudi au Vatican par le pape Benoît XVI pour une audience consacrée à la situation internationale, avant le dîner que le président français aura avec Romano Prodi et José Luis Zapatero pour parler de la Méditerranée.
Nicolas Sarkozy a été reçu jeudi au Vatican par le pape Benoît XVI pour une audience consacrée à la situation internationale, avant le dîner que le président français aura avec Romano Prodi et José Luis Zapatero pour parler de la Méditerranée. — Alberto Pizzoli AFP

Nicolas Sarkozy persiste et signe. Après plusieurs sorties remarquées sur la place de la religion dans la société, le chef de l’Etat a exalté mercredi les «racines chrétiennes de l'Europe» lors d'un discours devant la convention de l'UMP sur l'Europe. Il a en outre qualifié d'«erreur» le retrait de cette mention dans le projet de traité européen refusé en France lors du référendum de 2005.
 
«Ce fut une erreur de tourner le dos à notre passé et de renier d'une certaine façon des racines qui sont évidentes», a déclaré Nicolas Sarkozy, qui intervenait après un discours de la chancelière allemande Angela Merkel. «Et qu'on ne vienne pas me dire qu'on remet en cause la laïcité, il suffit de survoler la France pour voir ce long manteau d'églises. Et quand même, dire qu'en Europe il y a des racines chrétiennes, c'est tout simplement faire preuve de bon sens, renoncer à le dire c'est tourner le dos à une réalité historique», a ajouté le chef de l'Etat. «Si on renie son histoire, on ne prépare pas son avenir», a-t-il conclu.
 
Polémique
 
Les positions du président de la République sur la religion et la laïcité ont suscité la polémique ces dernières semaines, d'abord en vantant en décembre les «racines chrétiennes de la France» à Rome, puis en exaltant à la mi-janvier en Arabie saoudite l'héritage «civilisateur» des religions, des termes inédits pour le chef d'un Etat laïque.
 
L'opposition accuse Nicolas Sarkozy de vouloir remettre en cause la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905, ce que le chef de l'Etat et son gouvernement ont fermement démenti.