Deputy Watch: Le casier judiciaire des députés français en un seul clic

JUSTICE En un clic, vous pouvez découvrir la face cachée de vos élus grâce au site Deputy Watch...

20 Minutes avec agence

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Deputy Watch passe au crible le passé judiciaire des députés de l'Assemblée Nationale.

Deputy Watch passe au crible le passé judiciaire des députés de l'Assemblée Nationale. — Capture d'écran www.deputywatch.org

« Deputy Watch recense les délits de nos députés. » Sur sa page d’accueil, le site Web lancé à l’approche des législatives 2017 annonce la couleur sans détour. Deputy Watch est la première plate-forme qui publie le casier judiciaire des membres de l’Assemblée nationale.

« Lutter pour plus de transparence politique »

Alexandre Brutelle, 25 ans, a monté une équipe d’une dizaine de « datajournalistes » pour recenser le moindre faux pas de nos élus. « Au lieu d’éparpiller ses recherches, Deputy Watch permet en un seul clic de vérifier tout le passé judiciaire connu d’un député. Le projet vise à lutter pour plus de transparence politique », confie le jeune créateur de cette plateforme dans un entretien pour Streetpress.

Les journalistes de Deputy Watch ont déjà scanné le passé judiciaire des élus de la XIVe législature, qui vient de s’achever. Bilan : 18,45 % des députés français ont eu affaire à la justice : condamnations, mises en examen ou signalements de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

76 mois de prison avec sursis

Les Républicains ont le bonnet d’âne avec 28 infractions contre 17 pour le parti socialiste. Au total, selon les données du site, l’Assemblée nationale ce serait 76 mois de prison avec sursis et 1.347.697 euros de condamnations judiciaires.

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La diffamation est l’infraction la plus courante, viennent ensuite l’injure publique, les licenciements abusifs et irréguliers et les rejets de compte de campagne électorale. Mais les poursuites judiciaires plus insolites sont également recensées : « Sébastien Pietrasanta, député de la 2e circonscription des Hauts-de-Seine, a été mis en examen pour «concussion». Il avait prêté des locaux de la mairie d’Asnières à l’un de ses adjoints pour un film érotique », révèle ainsi le journaliste à Streetpress.

Patrick Balkany, le plus lourdement condamné

Au cours de cette législature, Patrick Balkany, maire de Levallois-Perret, était l’élu condamné aux peines les plus lourdes.

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Une masse d’informations impressionnante sur le côté sombre des élus de la République. Pour les collecter, la team Deputy watch s’appuie sur « les archives de presse générale telle que Factiva » mais aussi « sur des bases de données juridiques comme Dalloz, Lexis360 et Lamyline ». « Pour chaque information publiée, la source correspondante est archivée », assure Alexandre Brutelle.

Les nouveaux députés peuvent trembler

Pourquoi s’être lancé dans ce travail de fourmis ? « J’étais étonné de constater qu’il n’y avait pas de chiffres sur la criminalité au sein de l’hémicycle. J’ai donc posté un message sur le groupe Facebook “profession pigiste”. Une dizaine de journalistes pigistes, salariés et indépendants m’ont répondu », explique Alexandre Brutelle.

Son équipe va désormais s’attaquer aux nouveaux députés, notamment ceux du groupe La République en Marche