Congrès à Versailles: Pour l'opposition, le président jupitérien en fait trop

PRESIDENCE Dans les rangs de l'opposition, l'annonce du Congrès du 3 juillet agace...

L.C.

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Emmanuel Macron le 7 mai 2017 au Louvre à Paris.
Emmanuel Macron le 7 mai 2017 au Louvre à Paris. — Eric FEFERBERG / AFP
  • Dans la même semaine, Emmanuel Macron a annoncé qu’il recevrait Donald Trump pour le défilé du 14-Juillet prochain mais qu’il zapperait la traditionnelle interview et qu’il s’adresserait au Parlement à la veille du discours du Premier Ministre
  • Beaucoup d’élus de l’opposition jugent que le président de la République en fait « trop »

Semaine chargée pour le président jupitérien. Depuis le début de la semaine parlementaire, son mouvement, majoritaire dans l’hémicycle, a fait main basse sur les postes clés de l’Assemblée. Mercredi, deux annonces ont renforcé son omniprésence médiatique et courroucé une bonne partie de l’opposition : le président américain a répondu favorablement à l’invitation de l’Elysée au défilé du 14-Juillet et Emmanuel Macron s’adressera lundi au Congrès à Versailles, à la veille du discours du Premier ministre Edouard Philippe devant l’Assemblée réunie pour le traditionnel vote de confiance du 4 juillet.

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« Trop c’est trop ! »

Ce Congrès « surprise » a fait réagir l’opposition, à droite comme à gauche. Plusieurs députés et sénateurs ont annoncé qu’ils boycotteront cette adresse présidentielle. « Je ne vois pas la nécessité de tenir ce Congrès alors que les grandes lignes de la politique du gouvernement seront présentées le lendemain, mardi, par le Premier ministre », affirme à 20 Minutes Esther Benbassa, sénatrice écologiste du Val-de-Marne.

« C’est de la com', tout est très théâtralisé. On nous demande d’aller acclamer le monarque à Versailles », tranche-t-elle, déplorant qu’aucune prise de parole des chefs de groupes parlementaires ne soit prévue à l’agenda. L’annonce du Congrès a pour elle été « la goutte d’eau » d’une semaine qui a accentué la « verticalisation et l’hyperprésidentialisation ». « Trop c’est trop, je n’irai pas », prévient-elle, rejoignant la position des deux élus de l’Union des démocrates indépendants Jean-Christophe Lagarde et Philippe Vigier, qui avaient annoncé dès mercredi qu’ils n’iraient pas écouter le chef de l’État à Versailles.

Un rassemblement contre le Congrès lundi

Alors que l’Elysée venait de dévoiler le portrait officiel d’Emmanuel Macron, les députés Insoumis ont annoncé qu’ils bouderaient également le Congrès. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un « franchissement de seuil dans la dimension pharaonique de la monarchie présidentielle telle qu’elle avait été mise en scène le soir de la Pyramide du Louvre », le 7 mai dernier.

Les communistes vont jusqu’à parler d’un « coup de force institutionnel » dans un communiqué publié ce jeudi et appellent à un rassemblement pour protester contre la tenue de ce Congrès.

Dans les rangs de la majorité, on défend évidemment le calendrier élyséen. « Je ne vois pas en quoi c’est une dérive monarchique, sauf peut-être la référence à Versailles, pour l’humour », a déclaré le député La République en marche (LREM) Gilles Le Gendre sur Sud Radio et Public Sénat ce jeudi.

Un trait d’humour qui n’a pas fait taire les critiques. Même les députés de l’opposition qui ne comptent pas boycotter le Congrès ont raillé cet agenda, comme le Républicain Daniel Fasquelle sur Twitter :