VIDEO. La nouvelle Assemblée démarre par une cacophonie qui profite à LREM

RIFIFI Entamée à 15 heures, la séance a été levée à 00h35...

20 Minutes avec AFP

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Assemblée nationale (illustration).
Assemblée nationale (illustration). — NICOLAS MESSYASZ / SIPA

La répartition des postes clés à l’Assemblée a donné lieu mercredi à une bataille entre « groupes d’opposition » virant à un psychodrame « digne de la IVe République » selon certains. Entamée à 15 heures, la séance n’a été levée qu’à 00h35. En 2012 la même séance, où on entérine le partage des postes préalablement convenu, avait duré cinq minutes…

« Il y a des moments où on est plus fiers d’être députés que ce soir »

« Il y a des moments où on est plus fiers d’être députés que ce soir », a résumé le président du groupe Nouvelle gauche (socialistes) Olivier Faure. A l’ordre du jour, la nomination des membres du bureau, plus haute instance collégiale, dont six vice-présidents.

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La zizanie va venir du choix des trois questeurs, ces députés chargés de tenir les cordons de la bourse et de veiller à la bonne utilisation du budget de l’Assemblée. François de Rugy rappelle la « pratique constante depuis 1973 » : deux de ces postes pour la majorité, un pour l’opposition.

La majorité aurait-elle choisi son opposition ?

Plus important groupe d’opposition (100 députés), LR annonce comme candidat, au terme d’une primaire interne, Eric Ciotti, pourtant plus attendu sur la sécurité que sur les questions budgétaires. Mais il se fait battre, lors d’un scrutin à bulletins secrets, par Thierry Solère, du groupe « constructifs » LR-UDI (35 élus), inscrit dans l’opposition mais qui entend accompagner les « bonnes » réformes de Macron.

Eric Ciotti, « une erreur de casting »

Thierry Solère n’a pu être élu que grâce à l’appui de nombreuses voix REM. Le groupe majoritaire n’a pas pas demandé à ses députés de se tenir à l’écart de ce vote qui concernait l’opposition. Sans consigne, ceux-ci sont allés faire battre le très droitier Eric Ciotti, « une erreur de casting » selon un LR.

Ulcéré, le patron du groupe LR Christian Jacob dénonce une première depuis « plus de cinquante ans ». « Ce n’est pas à la majorité de choisir son opposition », martèle-t-il en rappelant que Thiery Solère comptait voter la confiance au gouvernement.

« Où est le déni de démocratie M. Jacob ? Il y a eu un vote ! », lui répond le coprésident des « Constructifs » et ex-LR, Franck Riester qui défend la candidature de Thierry Solère comme un moyen d’ouvrir la questure à « tous les groupes de l’opposition ».

« Bouderie » et suspension de trois heures

Après une énième suspension de séance, Christian Jacob annonce vers 19 heures que son groupe refuse de siéger au bureau de l’Assemblée « tant que les droits de l’opposition ne seront pas rétablis ».

Nouvelle suspension qui dure près de trois heures… Les députés errent dans les couloirs… ne savent pas s’ils peuvent aller dîner ou pas… la buvette est débordée… On apprend que LREM propose à LR en compensation trois postes de vice-président (au lieu de deux) en sacrifiant celui promis à l’UDI Yves Jégo.

A 22h30 la séance reprend. Le chef de file des LREM Richard Ferrand explique que si l’Assemblée n’élit pas son bureau, « elle est bloquée ». Il propose alors la candidature de trois LREM aux postes de vice-présidents pour suppléer temporairement les trois LR. « Ces trois vice-présidents céderont leur place quand la bouderie des Républicains aura cessé », dit-il.

Dix candidats pour six postes

Pour apaiser les craintes des Républicains qui redoutent que la présidence de la commission des Finances, réservée à l’opposition depuis 2009, ne leur soit subtilisée de la même manière, Richard Ferrand précise que les députés LREM ne prendront pas part à ce vote jeudi.

Mais Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis, et André Chassaigne pour les communistes, en profitent pour déposer une candidature de leur groupe à la vice-présidence, tout comme… Jean Lassalle (non-inscrit).

Dix candidats pour six postes, il faut donc un nouveau vote. Le résultat est annoncé à 00h30 : 5 LREM et 1 Modem sont désignés vice-présidents. Macron a fait main basse sur l’Assemblée, du moins pour le moment.