Macron devant le Congrès, une tradition américaine qui fait hurler les autres partis

POLITIQUE Le président s'exprimera lundi, devançant ainsi le discours de politique générale d'Edouard Philippe, prévu mardi...

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron au conseil européen à Bruxelles le 22 juin 2017.
Emmanuel Macron au conseil européen à Bruxelles le 22 juin 2017. — Olivier Matthys/AP/SIPA

Lundi, Jupiter a rendez-vous avec le Soleil et va provoquer une éclipse le lendemain. Emmanuel Macron s’adressera donc au Parlement réuni en Congrès à Versailles, lundi à 15h00, à la veille de la déclaration de politique générale du Premier ministre Edouard Philippe. Et cette initiative à l’américaine n’est pas du goût de tous les élus.

« Macron réunit le Congrès pour rien. Juste pour sa communication personnelle et singer le président américain. Les Français méritent mieux », s’insurge Florian Philippot pour le front national. Nous irons donc au château écouter le grand Prince jupitérien. Toute une conception du renouvellement ! », ironise le député Adrien Quattennes (France Insoumise). Nadine Morano, elle, accuse le chef de l’Etat d’être « en marche vers la dictature ».

Boycott de Lagarde

Certains ont déjà annoncé qu’ils boycottaient le Congrès, comme le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, député du groupe « Les constructifs : Républicains, UDI, indépendants », qui le juge « inutile ». « Laissons le président présider, le gouvernement gouverner. Parler avant son gouvernement, c’est l’affaiblir. C’est la première erreur d’Emmanuelle Macron », a estimé Lagarde sur Cnews, mercredi soir.

Une « humiliation » pour le Premier ministre

C’est la critique qui revient le plus, notamment dans la bouche de Nicolas Dupont-Aignan : « En convoquant le Congrès de Versailles, #Macron humilie Edouard Philippe : les législatives sont passées, plus besoin des voix de droite ! » Même son de cloche chez le député LR Damien Abad, qui y voit une « humiliation » pour le Premier ministre, mais aussi « pour le gouvernement ».

L’intéressé a réagi depuis Tallinn en Estonie, où il effectue son premier déplacement. Selon Edouard Philippe, il « y aura deux expressions à la fois parfaitement en ligne et en même temps complémentaires ».

Vers un rendez-vous annuel ?

Ce sera la troisième fois qu’un chef de l’Etat s’exprime devant le Congrès depuis la révision constitutionnelle de 2008 qui a autorisé cette forme d’intervention, jusqu’alors proscrite. Nicolas Sarkozy s’était exprimé en juin 2009 puis François Hollande juste après les attentats de Paris, le 16 novembre 2015.

Du côté de l’Elysée, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a rappelé que « le président de la République a pris un engagement devant les Français de réunir le Congrès une fois par an pour balayer un certain nombre de sujets ». Il s’inscrirait alors dans la tradition américaine du discours sur l’état de l’Union, avec des présidents qui font un point annuel sur les grands dossiers, pour fixer le cap.

Depuis les années 60, de Kennedy à Trump, il s’agit surtout de s’adresser au peuple, lors d’un événement théâtral taillé pour les caméras, avec les meilleures tirades reprises par les médias du monde entier. Cela ne serait sans doute pas pour déplaire au président français, qui a déjà dévoilé ses ambitions de communication à l’international avec sa déclaration en anglais « Make our Planet Great again »