Hamon, Hidalgo, Vallaud-Belkacem, Taubira... Pourquoi lancent-ils tous leur mouvement?

PARTI SOCIALISTE Samedi, l'ancien candidat à la présidentielle lance un mouvement pour dépasser le PS... Mais il n'est pas le seul à Solférino...

T.L.G.

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Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel subsistent au PS malgré la réduction drastique du nombre de députés après les législatives de 2017.
Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel subsistent au PS malgré la réduction drastique du nombre de députés après les législatives de 2017. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Face à En Marche !, les courants socialistes. Après la déroute présidentielle et l’échec des législatives, le PS tente de se réinventer. Depuis quelques semaines, différents mouvements sont lancés par des figures socialistes à l’extérieur du parti. Il y a d’abord eu « Dès demain ! », initié le 10 mai par Anne Hidalgo, Martine Aubry, et Christiane Taubira notamment. Le même jour, Benoît Hamon annonçait le lancement d’un mouvement pour « dépasser » les partis, que le candidat à la présidentielle inaugurera samedi après-midi sur la pelouse de Reuilly à Paris.

Dans une tribune publiée dans Libération le 21 mai, Najat Vallaud-Belkacem, Olivier Faure et Matthias Fekl invitaient à la mobilisation « pour réinventer la gauche demain », et lançaient dans le même temps une pétition de soutien. La semaine dernière, François Kalfon et Yann Galut, anciens soutiens d’Arnaud Montebourg, inventaient eux « la gauche nouvelle » pour rappeler au bon souvenir des socialistes les idées de leur ancien candidat.

« On arrive au bout d’un cycle »

Une profusion d’initiatives réalisées en dehors du PS… mais dans quel but ? « On fait le constat qu’on arrive au bout d’un cycle et qu’il faut créer quelque chose de nouveau. Avant de savoir quelle forme cela prendra, il faut retrouver l’identité de ce parti », avance l’ancien député Mathieu Hanotin, proche de Benoît Hamon. « L’important est de dépasser les appareils qui ont leur vie propre, leurs permanents, leurs élus, etc. Mais pour retrouver le sens, il faut s’en extraire ».

Même topo pour Yann Galut. « Notre démarche vise à réfléchir aux causes de la défaite et réinventer la gauche en dépassant le PS. Notre objectif est de remettre les idées de Montebourg aux commandes de la gauche », assure l’ancien député du Cher. « Il va y avoir de multiples appels et positionnements, mais nous ne voulons pas nous placer dans telle ou telle écurie présidentielle. Il n’y a d’ailleurs pas de présidentiable dans notre équipe ».

« La démarche de Hamon se fait autour de lui, c’est la mauvaise méthode »

Tout ça ne ressemblerait pas à une lutte d’influence pour prendre la main à Solférino avant le futur Congrès (et préparer déjà 2022) ? « Je regrette ces stratégies de présidentiable, la démarche de Hamon par exemple se fait autour de lui. C’est la mauvaise méthode », répond Yann Galut. « Anne Hidalgo, Najat Vallaud-Belkacem et les autres auront leur place dans la recomposition. Mais nos poids lourds devraient se mettre en retrait pour permettre de travailler sur le fond avec humilité. Ceux qui sont là depuis des années devraient prendre du recul ». En d’autres mots, imiter Arnaud Montebourg, parti dans le privé pour, peut-être, mieux revenir.

Mathieu Hanotin balaie toute logique personnelle. « C’est Benoît Hamon qui lance le mouvement car il a la légitimité pour refonder la gauche. Mais ce n’est pas une sorte d’outil personnel », réfute son ancien directeur de campagne, qui avance cet argument : « Il n’a d’ailleurs pas mis ses initiales personnelles comme Macron pour dénommer son mouvement… »

« Aucun leader ne se dégage »

Laurent Baumel se dit perplexe face « aux démarches qui donnent le sentiment de mettre d’abord en avant la question du leadership, comme on l’avait déjà fait après 2002 ou 2007. Nous devrions privilégier un processus collectif d’autant qu’aucun leader ne se dégage de manière évidente ». L’ancien frondeur ajoute : « Tous ces mouvements pourront un moment converger pour permettre le dépassement du PS. Mais en soi, personne ne pariait un kopeck sur François Hollande en 2012, Royal en 2007… Les 15 dernières années ont montré que toutes les tentatives pour prendre le leadership de notre famille politique s’avèrent finalement anecdotiques ».