VIDEO. Polémique sur le pesticide tueur d'abeilles: Retour sur le premier couac du gouvernement

POLITIQUE Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot et le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert se sont opposés publiquement, avant que Matignon mette le holà…

A.-L.B.

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Des manifestants contre le pesticide Cruiser touchant les abeilles, le 15 octobre 2011 à Grenoble
Des manifestants contre le pesticide Cruiser touchant les abeilles, le 15 octobre 2011 à Grenoble — JEAN-PIERRE CLATOT

Deuxième gouvernement du président Emmanuel Macron et premier couac de communication ? Tout juste installés dans leurs maroquins, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, et celui de l’Agriculture, Stéphane Travert, se sont contredits ce lundi matin à propos de l’interdiction d’un puissant insecticide. A la mi-journée, Matignon a volé à la rescousse de Nicolas Hulot, lui donnant raison.

La brouille naît d’un document dont RMC s’est procuré une copie. Celui-ci révèle que le gouvernement envisagerait de revenir sur la loi de 2016 portant sur l’interdiction des néonicotinoïdes, des pesticides « tueurs d’abeilles ».

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Erreur du ministre de l’Agriculture

Invité lundi matin sur BFMTV, Stéphane Travert a plaidé pour l’ouverture de dérogations à certains secteurs de l’agriculture, au motif que les mesures de prévention « excèdent les normes européennes ». Le ministre de l’Agriculture a ajouté que l’arbitrage du Premier ministre Edouard Philippe n’était toujours « pas rendu ».

Un commentaire qui a défrisé Nicolas Hulot, qui a presque réagi sur Twitter en assurant que « les arbitrages ont été rendus ».

 

A la mi-journée, Matignon a publié un communiqué qui affirme que le gouvernement n’a pas l’intention de revenir sur la loi de 2016. Celui-ci précise que « cet arbitrage a été pris à l’occasion d’une réunion tenue à Matignon le 21 juin. »

Sauf que Stéphane Travert n’a pas semblé, ce lundi matin, au courant de cet arbitrage du 21 juin. Laissant ainsi la porte ouverte à un premier couac de communication, à l’image de ceux qui ont émaillé – et pourri – le quinquennat de François Hollande, prédécesseur d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

Ce type de couac est redouté par Emmanuel Macron, ce dernier ayant fait campagne sur le changement des pratiques et souhaitant incarner «le maître des horloges ». Benjamin Griveaux, porte-parole de La République en marche, avait précisé le 21 mai sur Radio J que le nouveau président n’allait pas reproduire « les mauvaises habitudes [de communication] qui ont été prises ces dix dernières années, avec la multiplication des off, des prises de parole sans doute intempestives (…) qui répondent à une forme de dictature de l’urgence ». Un vœu pieux voué à être rompu ?

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Les réactions politiques à la polémique de ce lundi se sont rapidement déversées sur Twitter, déplorant la position de Stéphane Travert ou son opposition avec Nicolas Hulot. Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, a évoqué un « mensonge » :

L’ancienne ministre Emmanuelle Cosse, ex-secrétaire générale du parti Europe-Ecologie-Les Verts, a évoqué un commentaire « inacceptable » du ministre Stéphane Travert.

David Cormand, l’actuel secrétaire général du parti Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), s’est prononcé pour l’arrêt de ces insecticides.

Le vice-président du FN Florian Philippot s’est interrogé quant à lui sur un départ de Nicolas Hulot du gouvernement.

La coordinatrice du Parti de gauche Danielle Simonet, ex-candidate de La France insoumise aux législatives, a estimé qu’il y avait « une irresponsabilité écologique » du gouvernement Macron.