Remaniement: Jacqueline Gourault, une proche de François Bayrou nommée au ministère de l'Intérieur

PORTRAIT La sénatrice accompagne le maire de Pau dans l'ombre depuis plus de 30 ans...

T.L.G. avec AFP

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Jacqueline Gourault,
Jacqueline Gourault, — JACQUES DEMARTHON / AFP

François Bayrou vous manque déjà ? Voici Jacqueline Gourault. La sénatrice MoDem du Loir-et-Cher a été nommée ministre auprès du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Un poste assez flou qui montre cependant la volonté d’Emmanuel Macron de garder une fibre bayrouiste au sein du gouvernement.

Dire que l’ancienne enseignante d’histoire-géographie est très proche du président du Modem relève de l’euphémisme. Jacqueline Gourault accompagne dans l’ombre le Béarnais depuis plus de 30 ans. A tous ses déplacements, passages radio ou télés, cette « petite femme de 66 ans, aux cheveux courts, toujours souriante, est dans les coulisses à veiller à tous les détails », rapporte l’AFP.

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Le coup de foudre commence au début des années 1980. François Bayrou doit animer une réunion. « Il y avait du brouillard, je suis arrivé avec une heure trente de retard… Ce soir-là, il y avait douze personnes et, parmi les douze, Jacqueline Gourault. Eh bien, si j’avais dû faire 1.000 kilomètres pour venir, s’il y avait eu moitié moins de monde à l’arrivée, j’aurais quand même réalisé une sacrée belle affaire ! »

Une élue de terrain du Loir-et-Cher

La sénatrice est une élue de terrain chevronnée. Elle entre en politique en 1974 pour soutenir Valéry Giscard d’Estaing lors de la campagne présidentielle puis enchaîne les mandats locaux : conseillère municipale de La Chaussée-Saint-Victor (Loir-et-Cher) près de Blois en 1983, dont elle sera maire de 1989 à 2014. En 1993, sa campagne législative (perdue) face à Jack Lang l’expose médiatiquement. Elle s’opposera à lui de nouveau en 1994 (après l’annulation du scrutin) et en 1997.

En 2001, Jacqueline Gourault est élue sénatrice et s’inscrit au groupe UDI-UC. Elle préside en 2011 la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation avant de devenir, en 2014, vice-présidente du Sénat. Cette spécialiste des collectivités locales a également été conseillère générale et conseillère régionale.

Fille de marchands de bestiaux, elle fait partie de l’équipe dirigeante du MoDem, créé en décembre 2007. Lors de la primaire de la droite et du centre, cette mère de deux enfants soutient Alain Juppé. Puis parraine par la suite Emmanuel Macron. Son arrivée au gouvernement devrait donner un peu de baume au cœur au maire de Pau. Elle est «une des chances de ma vie », disait-il récemment.