Affaires des costumes: Robert Bourgi raconte comme il a coulé la campagne de Fillon

CAMPAGNE PRESIDENTIELLE Cette affaire, comme celle impliquant Penelope Fillon, a entaché la campagne du candidat LR…

C. Ape.

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L'avocat Robert Bourgi
L'avocat Robert Bourgi — JOHANNA LEGUERRE / AFP

La campagne de François Fillon aura été marquée par le Penelopegate. Certains iront même jusqu’à dire que cette affaire lui aura fait perdre ce qui semblait lui tendre les bras, une place à l’Elysée.

Mais le Sarthois aura également dû faire face à « l’affaire des costumes ». Au cœur de cette affaire, le nom de l’avocat de la Françafrique Robert Bourgi est revenu à plusieurs reprises.

« Je racontais tout de mes discussions avec Fillon » à Sarkozy

« Au fond je n’ai jamais cru en Fillon. Tu comprends ma grande ?, explique l’avocat à la journaliste de Vanity Fair. Tu me suis ? C’est Sarko que j’aime. Il est comme moi : un affectif, un métèque. D’ailleurs je ne l’ai jamais trahi, je lui racontais tout de mes discussions avec Fillon. »

François Fillon et Robert Bourgi se connaissent pourtant depuis 1980 et l’entrée du Sarthois en politique. Mais ce n’est qu’à la primaire de la droite et du centre que leur carrière se croise fin novembre 2016. Nicolas Sarkozy, le champion de Bourgi est battu.

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En mars 2017, le nom de Bourgi fait son retour sur le devant de la scène. Le 11 mars, François Fillon reçoit un coup de fil de sa communicante, Anne Méaux : « Est-ce qu’il y a quelqu’un qui t’a offert des costumes ? Un mec un peu bizarre, paraît-il », demande-t-elle au candidat LR.

« J’ai appuyé sur la gâchette »

Le lendemain, dans le JDD, Laurent Valdiguié, proche de Bourgi dont il a voulu écrire les mémoires, fait éclater l’affaire, révèle Vanity Fair.

Comment en est-on arrivé là ? Vanity Fair rapporte une discussion « particulièrement franche » entre Bernard Debré, proche de François Fillon, et Patrick Stefanini, le directeur de campagne. « Je l’ai dit à François : "Si tu veux que je m’occupe de l’Afrique, je ne veux pas de Bourgi dans les pattes. Ce type est dangereux" ». L’avocat Robert Bourgi, blessé, aurait alors « appuyé sur la gâchette ».

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François Fillon riposte et qualifie l’avocat d'« homme âgé qui n’a plus aucune espèce de responsabilité ». Bourgi explose, le torchon brûle. « Tu m’as traité de vieux ? Là, tu as franchi la ligne jaune. Tu n’aurais pas dû, tu as fait pleurer ma petite Clémence. Je ne te le pardonnerai jamais. »

Une menace mise à exécution par l’avocat.