Assistants parlementaires du MoDem: les troublants contrats de travail de salariés du parti centriste

EMPLOIS FICTIFS Franceinfo a eu accès aux contrats de travail de plusieurs attachés parlementaires MoDem. Ils révèlent que certains permanents du parti centriste ont été rémunérés comme assistants parlementaires par l'Union Européenne...

D. D.

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Certains assistants parlementaires rémunérés par les députés MoDem au parlement Européen travaillaient aussi à plein temps pour le parti.
Certains assistants parlementaires rémunérés par les députés MoDem au parlement Européen travaillaient aussi à plein temps pour le parti. — Bob Edme/AP/SIPA

C’est une tuile de plus pour François Bayrou. Le parti qu’il a fondé aurait profité du mandat de ses députés européens pour faire rémunérer certains permanents. C’est ce que révèlent Franceinfo et la cellule investigation de Radio France ce jeudi.

Les contrats et bulletins de salaire de huit assistants parlementaires ont été épluchés. Ils révèlent que ces salariés du MoDem ont tous un point commun : ils sont d’abord embauchés à plein temps par la formation centriste. Dans un deuxième temps, ils sont détachés auprès d’un député européen qui va alors prendre en charge entre 20 et 80 % de leur salaire. Cet artifice concernerait une dizaine de militants du MoDem.

« Les choses étaient bien cloisonnées »

Un exemple parmi les contrats qui ont pu être consultés : celui de « Stéphane T », responsable de la formation des élus. Il était détaché à trois quart-temps auprès de l’actuelle ministre des Armées, ancienne eurodéputée, Sylvie Goulard. Cependant, d’après les informations de Franceinfo, ses fonctions au sein du parti étaient essentielles et nécessitaient de nombreux déplacements.

Interrogé sur son cas, l’avocat du MoDem admet une possible « mutualisation de moyens », avant de préciser : « On n’est pas dans un grand parti, le Modem a des finances exsangues. » Pour sa défense, le MoDem affirme que « les choses étaient bien cloisonnées », et que les fonctions qu’ils remplissaient pour les parlementaires étaient bien réelles.