Législatives: Qui sont les six ministres de Macron qui jouent leur poste au gouvernement?

ELECTION En cas de défaite aux législatives, les membres du gouvernement devront démissionner...

Laure Cometti

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Marielle de Sarnez, Mounir Mahjoubi, Bruno Le Maire, Richard Ferrand, Christophe Castaner et Annick Girardin doivent gagner dans leur circonscription sous peine de devoir quitter le gouvernement.
Marielle de Sarnez, Mounir Mahjoubi, Bruno Le Maire, Richard Ferrand, Christophe Castaner et Annick Girardin doivent gagner dans leur circonscription sous peine de devoir quitter le gouvernement. — Montage 20 Minutes CHAMUSSY/SIPA / Virginia Mayo/AP/SIPA/ Eric Feferberg/AP/SIPA / David Niviere/SIPA /
  • Edouard Philippe a indiqué que les ministres qui échouent aux élections législatives devront démissionner du gouvernement
  • Six ministres sont candidats aux scrutins des 11 et 18 juin 

Ils sont six à jouer leur ministère lors des élections législatives des 11 et 18 juin prochains. Quelques heures après la nomination du gouvernement Edouard Philippe, Matignon a mis la pression aux nouveaux ministres en annonçant dans un communiqué qu’ils seraient contraints de démissionner en cas de défaite dimanche. Qui sont ces six membres du gouvernement sur la sellette et quelles sont leurs chances de sauver leur peau ? 20 Minutes fait le point sur ces six candidats, dont quatre sont des députés sortants.

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire, le 31 mai 2017 à l'Elysée.
Bruno Le Maire, le 31 mai 2017 à l'Elysée. - CHAMUSSY/SIPA

S’il a connu une traversée du désert après sa défaite cuisante à la primaire de la droite en novembre dernier, puis lorsque son camp, plombé par l’affaire Fillon, a perdu l’élection présidentielle, tout va mieux pour Bruno Le Maire. Nommé ministre de l’Economie, il brigue son troisième mandat consécutif, désormais sous l’étiquette de La République en marche (LREM), dans la 1e circonscription de l’Eure.

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Face à l’ex Républicain, le parti a investi Coumba Dioukhané, adjointe à la mairie d’Evreux, bien implantée localement mais qui jouit d’une notoriété moindre. Le Front national, arrivé en tête dans le département au premier tour de la présidentielle, a investi Fabienne Delacour.

Ses chances de gagner : Plutôt bonnes. Il peut compter sur le soutien d’élus locaux Les Républicains (LR) qui lui sont restés fidèles, comme Sébastien Lecornu, président du département. Preuve que l’affaire n’est toutefois pas dans la poche, Bruno Le Maire a reçu la visite du chef du gouvernement Edouard Philippe, venu le soutenir pendant sa campagne, comme il l’a fait pour Mounir Mahjoubi et Christophe Castaner.

Marielle de Sarnez

Marielle de Sarnez, à Bruxelles le 22 mai 2017.
Marielle de Sarnez, à Bruxelles le 22 mai 2017. - Virginia Mayo/AP/SIPA

La vice-présidente du Mouvement démocratique (MoDem) et ministre des Affaires européennes est investie par LREM dans la 11e circonscription de Paris. Celle qui en est à son quatrième mandat de députée européenne affrontera l’avocat Francis Szpiner (LR) et le député sortant, le socialiste et hamoniste Pascal Cherki.

Ses chances de gagner : En 2007, Marielle de Sarnez avait été battue dans cette circonscription. Cette année, la partie devrait être plus facile : Emmanuel Macron y a obtenu de très bons scores à la présidentielle. Mais la campagne de cette proche de François Bayrou pourrait être compliquée par des militants locaux de LREM - dont la candidate dissidente Armelle Malvoisin - qui contestent son investiture. La centriste traîne un autre boulet puisqu’elle est visée, avec 18 autres députés européens, par une enquête pour soupçons d’emplois fictifs.

Richard Ferrand

Richard Ferrand, le 11 mai 2017 à Paris.
Richard Ferrand, le 11 mai 2017 à Paris. - Eric Feferberg/AP/SIPA

Macroniste de la première heure, le député a hérité du ministère de la Cohésion des territoires. Dans la 6e circonscription Finistère, où Emmanuel Macron est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, cet ex-PS brigue son deuxième mandat.

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Ses chances de gagner : Richard Ferrand ne devrait pas avoir trop de difficultés à être réélu, et ce malgré l’enquête préliminaire ouverte dans l’affaire immobilière des Mutuelles de Bretagne, qu’il a présidées avant de devenir parlementaire en 2012.

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Annick Girardin

Annick Girardin à l'Elysée, le 8 mars 2017.
Annick Girardin à l'Elysée, le 8 mars 2017. - SIPA

Rescapée de la « Hollandie », la ministre de l’Outre-mer brigue un troisième mandat dans la circonscription de Saint-Pierre-et-Miquelon. Investie par le Parti radical de gauche, elle est soutenue par LREM qui ne présente pas de candidat face à elle.

Ses chances de gagner : Plutôt bonnes. Députée depuis 2007, elle a remporté l’élection dès le premier tour en 2012 et 2014 (lors de l’élection législative partielle). Mais ses adversaires lui reprochent d’avoir renié son engagement de se consacrer à l’archipel ultramarin en acceptant un poste au gouvernement.

Christophe Castaner

Christophe Castaner, le 6 juin à l'Elysée.
Christophe Castaner, le 6 juin à l'Elysée. - David Niviere/SIPA

Venu du PS, le député sortant des Alpes-de-Haute-Provence a été nommé secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement, et également porte-parole du gouvernement. Maire de Forcalquier depuis plus de seize ans, il brigue son deuxième mandat de député.

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Ses chances de gagner : Sa réélection s’annonce compliquée. Emmanuel Macron n’est arrivé qu’en troisième position au premier tour de la présidentielle, trois points derrière Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

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Mounir Mahjoubi

Mounir Mahjoubi, le 28 mai 2017 à Paris.
Mounir Mahjoubi, le 28 mai 2017 à Paris. - CHAMUSSY/SIPA

Le benjamin du gouvernement (33 ans) mène sa première campagne législative dans la 16e circonscription de Paris, face à un Jean-Christophe Cambadélis mal en point après la cuisante défaite du PS à la présidentielle. Secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi applique la méthode En marche ! et s’est fixé pour objectif de taper à 10.000 portes dans les douze derniers jours de campagne.

Ses chances de gagner : Il peut bénéficier de la poussée macroniste dans la capitale et donne déjà des sueurs froides au patron du PS. Mais la candidate de la France insoumise, Sarah Legrain, espère surfer sur la poussée mélenchoniste de la présidentielle : au premier tour, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans cette circonscription.