Mort de Rémi Fraisse: Mélenchon plaide un mot «mal calibré» mais accepte un procès

JUSTICE Pour le leader de la France insoumise, il s’agit de «la seule occasion d’amener devant un prétoire cette affaire»… 

Clémence Apetogbor avec Manon Aublanc

— 

Jean-Luc Mélenchon, le 7 mai 2017.
Jean-Luc Mélenchon, le 7 mai 2017. — SIPA

Jean-Luc Mélenchon a reconnu ce mardi que le terme « assassinat » était « mal calibré » dans ses récentes déclarations liant Bernard Cazeneuve à la mort de Rémi Fraisse, tout en accueillant la possibilité d’un procès en diffamation qui pourrait selon lui faire « éclater la vérité » sur la mort du militant écologiste.

« Si Bernard Cazeneuve estime qu’il est juste de me faire un procès en diffamation, je l’invite à le faire. De cette façon, nous pourrons devant un prétoire enfin prendre tous les éléments, toutes les pièces du dossier des conditions dans lesquelles Rémi Fraisse est mort », a déclaré l’ancien candidat à la présidentielle lors d’une conférence de presse.

>> A lire aussi : VIDEO. Mort de Rémi Fraisse: Le gendarme qui a lancé la grenade envisage de porter plainte contre Mélenchon

« Je suis d’accord pour requalifier d’homicide »

« C’est la seule occasion d’amener devant un prétoire cette affaire (…) et alors on verra qu’en effet, Bernard Cazeneuve est l’homme qui a mis en place des méthodes d’intervention d’une violence extrême dont les manifestants de la loi El-Khomri se souviennent parfaitement », a-t-il poursuivi. « Le point de départ, c’est que (Bernard Cazeneuve) a dit que je ne m’étais pas exprimé contre le FN (avant le deuxième tour de la présidentielle), laissant entendre qu’en quelque sorte (…) il y aurait une certaine ambiguïté de notre comportement », a expliqué le désormais candidat aux législatives à Marseille.

Jean-Luc Mélenchon s’est dit « stupéfait » de la polémique engendrée par ses propos. « Je suis d’accord pour requalifier d’homicide et je prie pour qu’on comprenne que dans un meeting de 45 minutes il peut arriver qu’un mot ne soit pas calibré exactement », a-t-il justifié, assurant qu’il comptait devant la justice plaider « la bonne foi ». « Celui qui me fait la leçon de République doit commencer par balayer devant sa porte », a encore ajouté le leader de la France insoumise.

>> A lire aussi : Mort de Rémi Fraisse: Deux ans après, où en est l'enquête?

« Je n’ai pas de raisons d’entretenir des polémiques »

Bernard Cazeneuve s’était déclaré prêt ce mardi matin à retirer sa plainte pour diffamation si le leader de La France insoumise présentait ses « excuses ». « Si bien entendu, il dit dans les jours qui viennent « je regrette ce que j’ai dit, je me suis laissé emporter, je présente mes excuses », je retirerai ma plainte », avait-il annoncé sur France Inter.

« Moi je ne suis pas du tout demandeur d’aller devant les tribunaux pour porter devant les tribunaux le règlement de conflits politiques, mais là je suis obligé de le faire », a expliqué Bernard Cazeneuve, accusé par Jean-Luc Mélenchon, non seulement d’être responsable de la mort de Rémi Fraisse, mais de s’être « occupé de son assassinat ».

« Moi je n’ai pas de raisons d’entretenir des polémiques », a ajouté Bernard Cazeneuve, assurant préférer « la sagesse à l’invective ». « Si Jean-Luc Mélenchon disait cela, la sagesse me conduirait à retirer ma plainte, bien entendu ».

>> A lire aussi : Le gendarme qui a lancé la grenade envisage de porter plainte contre Mélenchon

« Je n’ai pas été dans l’invective »

Pendant l’entre-deux tours de la présidentielle, l’ex-Premier ministre avait également dénoncé « une faute politique et morale » du leader d’extrême gauche, pour « ne pas avoir appelé clairement à voter » pour Emmanuel Macron face à la candidate du Front national.

« Je n’ai pas été dans l’invective en disant cela, j’ai dit la vérité », s’est justifié ce mardi Bernard Cazeneuve. « Si vous avez une déclaration de Jean-Luc Mélenchon qui dit « pour éviter l’extrême droite, votez Emmanuel Macron », vous me la présentez ».

Le leader de la France insoumise a répondu à l’ancien Premier ministre sur son compte Twitter.

Rémi Fraisse a été tué en 2014 par le jet d’une grenade de gendarmes près du chantier controversé de retenue d’eau à Sivens (Tarn), alors que Bernard Cazeneuve était ministre de l’Intérieur.