Syrie, Tchétchénie, terrorisme... On vous résume la première rencontre entre Macron et Poutine

DIPLOMATIE Si vous n’avez pas suivi la conférence de presse conjointe d’Emmanuel Macron et de Vladimir Poutine ce lundi, « 20 Minutes » vous fait le résumé…

Manon Aublanc avec AFP

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Vladimir Poutine et Emmanuel Macron lors de leur première conférence de presse commune.
Vladimir Poutine et Emmanuel Macron lors de leur première conférence de presse commune. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
  • Le président russe, Vladimir Poutine, est arrivé à 13h45 à Versailles pour une séance de travail avec Emmanuel Macron.
  • Les deux hommes ont tenu une conférence de presse conjointe vers 17h.
  • Le président français a déclaré vouloir « une collaboration accrue avec la Russie ».

Vladimir Poutine a été reçu, ce lundi, par Emmanuel Macron à Versailles pour inaugurer l’exposition « Pierre Le Grand, un tsar en France », 300 ans après la venue de son prédécesseur, mais aussi et surtout pour un entretien diplomatique. On fait le point sur les thèmes abordés.

Les armes chimiques et le terrorisme au cœur des discussions sur la Syrie. « J’ai indiqué qu’une ligne rouge très claire existe de notre côté :  l’utilisation d’une arme chimique par qui que ce soit », qui fera « l’objet de représailles et d’une riposte immédiate de la part des Français », a déclaré le président Macron. Le chef de l’Etat a indiqué qu’il souhaitait « renforcer le partenariat avec la Russie » sur ce dossier. «  Notre priorité absolue, c’est la lutte contre le terrorisme et l’éradication des groupements terroristes et en particulier de Daesh », a-t-il ajouté. « C’est le fil directeur de notre action en Syrie », a insisté le chef de l’Etat français, qui s’est accordé avec Vladimir Poutine sur la création d'« un groupe de travail » franco-russe pour lutter contre le terrorisme.

Emmanuel Macron a également plaidé pour une transition démocratique pour la Syrie, « mais en préservant un Etat syrien » car, dans la région, « les Etats faillis sont une menace pour nos démocraties ». Il a indiqué qu’il faudrait « discuter avec l’ensemble des partis en présence » dans le dossier syrien, « y compris les représentants de Bachar al-Assad », notant, en réponse à une question, que « pour autant » la réouverture d’une ambassade de France à Damas n’était « pas une priorité ».

La répression des homosexuels en Tchétchénie. Concernant les accusations de répression d’homosexuels en Tchétchénie, Vladimir Poutine a dit à Emmanuel Macron que « des mesures » avaient été prises : « Le président Poutine m’a (…) indiqué avoir pris plusieurs initiatives sur le sujet des personnes LGBT en Tchétchénie, avec des mesures visant à faire la vérité complète sur les activités des autorités locales et régler les sujets les plus sensibles », a déclaré Emmanuel Macron, promettant qu’il serait « constamment vigilant » sur la question.

« J’ai très précisément indiqué au président Poutine les attentes de la France », a-t-il aussi assuré à la presse à l’issue de son tête-à-tête avec son homologue russe, ajoutant avoir « convenu » avec lui « d’avoir un suivi extrêmement régulier ensemble » sur la question. Le chef de l’État français a « rappelé » au président russe « l’importance de sujets qui touchent nos valeurs et nos opinions publiques », ainsi que « l’importance pour la France du respect de toutes les personnes, les minorités et sensibilités ».

Sputnik et Russia Today exclus du QG présidentiel de Macron. Emmanuel Macron a assumé l’exclusion des journalistes de Russia Today et Sputnik de son quartier général de la campagne présidentielle : « On va se dire les choses, en vérité Russia Today et Sputnik ne se sont pas comportés comme des organes de presse et des journalistes mais comme des organes d’influence, de propagande et de propagande mensongère, ni plus ni moins », a fustigé le chef de l’Etat français.

« J’ai toujours eu des relations exemplaires avec les journalistes étrangers, encore faut-il qu’ils soient journalistes », a-t-il martelé. « Quand des organes de presse répandent des contre-vérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes, ce sont des organes d’influence », a insisté le président français, enchaînant : « Russia Today et Sputnik ont été des organes d’influence durant cette campagne qui, à plusieurs reprises, ont produit des contre-vérités. »

Les sanctions contre la Russie concernant la crise ukrainienne. « Vous avez demandé comment les sanctions contre la Russie pourront aider à régler la crise dans l’est de l’Ukraine ? Et voilà la réponse : aucunement ! Luttez pour la suppression de toutes les restrictions dans l’économie mondiale », a déclaré Vladimir Poutine. Emmanuel Macron a de son côté indiqué qu’il y aurait « une discussion » au format Normandie dans les « prochains jours ou semaines » pour éviter « une escalade » des tensions. « Sur la situation en Ukraine, nous avons longuement parlé des différents points de détails et de mise en œuvre du processus dit de Minsk. Notre souhait, je crois pouvoir le dire sous le contrôle du président Poutine, c’est que dans les meilleurs délais puisse se tenir à nouveau un échange sous le format dit Normandie » réunissant Russie, Ukraine, France et Allemagne, a déclaré Emmanuel Macron.

Dans ce cadre, le chef de l’État français a plaidé pour qu’un « bilan complet de ces éléments puisse être partagé » et « en particulier » que « nous puissions avoir accès à un rapport détaillé de l’OSCE qui s’assure d’éléments structurants et importants dans la région ». « Sur ce sujet, c’est donc un processus qui doit perdurer, mais sur lequel nous avons l’un et l’autre partagé nos vues et en tout cas, j’ai pour ma part rappelé la volonté que nous puissions aboutir dans le cadre des engagements de Minsk à une désescalade », a-t-il aussi affirmé.

La venue de Marine Le Pen durant la campagne présidentielle. Le président russe Vladimir Poutine a justifié avoir reçu en Russie le 24 mars dernier Marine Le Pen durant la campagne : « Cela n’a pas été sa première visite à Moscou, elle y vient régulièrement », a assuré Vladimir Poutine. « Nous sommes prêts à accueillir tout le monde. Et quand madame Le Pen nous a demandé de l’accueillir, pourquoi aurions-nous refusé ? », s’est-il défendu. « D’autant plus qu’elle a toujours prôné un développement des relations avec la Russie. Cela aurait été bizarre de l’avoir rejetée », a souligné le président russe.

Cette visite a suscité en France des craintes d’une éventuelle ingérence russe dans l’élection présidentielle. Ce qu’avait démenti le Kremlin : « Croyez-vous que nous n’étions pas au courant des sondages de l’opinion publique en France, que nous ne voyions pas qui était soutenu par la majorité des Français ? », a lancé le président russe.