Benoist Apparu va-t-il redevenir ministre?

GOUVERNEMENT Il se voyait ministre d’Alain Juppé, il sera finalement peut-être celui d’Emmanuel Macron…

Delphine Bancaud

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Benoist Apparu, le 1/06/2016 à Paris.
Benoist Apparu, le 1/06/2016 à Paris. — WITT/SIPA

Ce n’est pas un novice en politique et il sait parler aux médias. Benoist Apparu, maire de Châlons-en-Champagne et député de la Marne, fait parti des personnalités de droite « ministrables ». 20 Minutes revient sur les éléments saillants de son parcours.

1) Un quadra qui a déjà bien roulé sa bosse en politique

Contrairement à Emmanuel Macron, Benoist Apparu, n’a pas eu une ascension éclair, mais a construit sa carrière politique pas à pas. L’histoire démarre en 1989, où il devient délégué des Jeunes RPR de la circonscription d’ Alain Juppé dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Un épisode qui va permettre au jeune homme de tisser des liens d’estime réciproque avec son mentor en politique. Mais le jeune Apparu ne compte pas en rester là et deux ans plus tard, le voilà secrétaire national à la Jeunesse.

A partir de 2001, il s’engage localement, devenant maire-adjoint de Châlons-en-Champagne, chargé de la jeunesse et de la communication. Parallèlement, il intègre différents cabinets ministériels. En 2002, il devient chef de cabinet de Xavier Darcos, alors ministre délégué à l’Enseignement scolaire, puis ministre délégué à la Coopération. En 2005, il est conseiller puis directeur adjoint du cabinet de Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale. Des expériences de l’ombre, qui vont lui permettre d’acquérir des compétences techniques et de développer son réseau politique.

2007 est une grande année pour lui. Il devient député de la 4e circonscription de la Marne. Au Palais-Bourbon, il sait se faire remarquer dans la salle des Quatre-Colonnes, lieu de rencontre hebdomadaire des élus avec les journalistes. Est-ce grâce à son frère de journaliste, qu’il a appris les codes permettant d’être un « bon client » pour les médias ? Le mystère demeure, mais ce sens de la communication lui permettra d’exister dans la sphère publique, même dans les périodes les plus creuses de sa vie politique. La même année, il s’illustre en tant que rapporteur de la loi LRU sur l’autonomie des universités. Un tremplin sans doute puisqu’il est nommé secrétaire d’État au Logement et à l’Urbanisme en 2009, puis ministre délégué au Logement en 2012. Après la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, Benoist Apparu devient professeur d’institutions politiques françaises à Science-Po Paris. Mais le virus de la politique ne le lâche pas pour autant. En 2012, il se représente aux élections législatives dans la quatrième circonscription de la Marne qu’il remporte. Il gagne aussi les élections municipales à Châlons-en-Champagne en 2014.

2) Ses choix politiques lui valent parfois des critiques

Le député quadragénaire est l’un des rares de son camp (avec Franck Riester) à avoir voté en faveur du mariage pour tous en 2013. Un choix qui lui a été reproché.

Fidèle d’Alain Juppé, Benoist Apparu a fait campagne pour lui à la primaire. Puis s’est rallié à François Fillon au lendemain de la défaite de son héros. Certains sous-entendent qu’il serait opportuniste, comme dans cet article du Monde publié et intitulé : «  Benoist Apparu, champion de la contorsion ».

Cette semaine, il s’est encore attiré les foudres d’une partie de son camp, en signant un appel lancé par plusieurs personnalités de droite à saisir « la main tendue par le président de la République ». Une démarche désapprouvée par la direction des Républicains, qui ont annoncé ce mardi leur intention de préparer un contre-appel qui sera soumis aux 577 candidats de la droite et du centre aux législatives.

3) Il y a de bonnes raisons de croire qu'il pourrait rentrer au gouvernement

Dès le 23 avril, Benoist Apparu a appelé à voter pour Emmanuel Macron à la présidentielle.

Dès le 7 mai, il a d’ailleurs félicité le président élu sur Twitter.

Autre bon point sur lui : il est ami avec le nouveau Premier ministre et a fait son éloge dans plusieurs articles ces derniers jours : « Edouard est quelqu’un à multifacettes. Il a l’expérience du mandat local, du mandat national et du privé. Il a tout pour lui », a-t-il par exemple déclaré au Parisien.

A l’Assemblée, il fait partie de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation. Ce qui laisse penser à certains observateurs qu’il pourrait être nommé rue de Grenelle.