«Le travail c'est la clé»

POLITIQUE Nicolas Sarkozy adresse jeudi ses vœux aux forces vives de la Nation, à savoir les syndicats, le patronat et les associations…

Sa. C.

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Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi souhaiter qu'"un tiers" des profits des entreprises soit réservé aux salariés, les mêmes proportions allant aux actionnaires d'une part et à l'investissement d'autre part, assurant qu'il ne "se désintéresse" pas du thème du pouvoir d'achat.
Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi souhaiter qu'"un tiers" des profits des entreprises soit réservé aux salariés, les mêmes proportions allant aux actionnaires d'une part et à l'investissement d'autre part, assurant qu'il ne "se désintéresse" pas du thème du pouvoir d'achat. — Eric Feferberg AFP

En trente minutes, Nicolas Sarkozy a présenté ses vœux aux forces vives de la Nation (syndicats, patronat et associations), jeudi. Un discours axé sur le travail dans lequel le chef de l'Etat a évoqué, entre autres, le pouvoir d'achat, les OGM, la réforme du marché du travail et l'immigration.

«Libérer le travail... et le pouvoir d'achat»

«J'ai voulu m'adresser aux forces vives de la Nation car le changement, si nécessaire à notre pays, c'est vous tous, a déclaré le chef de l'Etat en introduction. Vous tous le ferez ou personne ne le fera.»

«Je souhaite que notre pays retrouve le goût du succès règle simple pour tous: le travail c'est la clé, la clé de la croissance,» a-t-il martelé. Et d'ajouter: «Il n'y a pas de réussite possible sans travail. C'est pour cela qu'avec le Premier ministre, nous voulons libérer le travail.»

«Lorsque je parle de libérer l'activité des France, c'est bien de libérer le pouvoir d'achat que je parle», a-t-il assuré, citant en exemple le déblocage de la participation ou la réforme de la grande distribution.

Pouvoir d'achat

Sur ce point, Nicolas Sarkozy prévient: «Promettre plus de pouvoir d'achat aujourd'hui sans contrepartie, c'est la certitude d'avoir encore un peu moins de pouvoir d'achat demain, sous le poids des prélèvements obligatoires qui augmenteront et d'une dette qui s'accumulera»

«Il n'y a pas de création de richesses, pas de redistribution possible, pas de pouvoir d'achat sans travail. Certains aujourd'hui feignent de ne pas le comprendre», a regretté le chef de l'Etat.

Evoquant le Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy a défendu la clause de sauvegarde au sujet des OGM. «C'est l'inverse qui eut été choquant», a-t-il souligné.

France en déficit

Arguant que la France présentait un déficit public depuis 32 ans, Nicolas Sarkozy a justifié la rapidité des réformes engagées.

Selon le chef de l'Etat, la France doit se préparer à investir dans l'Enseignement supérieur et la recherche. a confirmé les besoins des universités françaises, très peu compétitives selon lui. «Nous voulons faire émerger un droit à la deuxième chance en France (...)», a-t-il poursuivi, souhaitant que les enfants handicapés soient scolarisés en école publique.

Réforme du marché du travail

Nicolas Sarkozy a salué l'accord engagé entre les syndicats et le patronat sur une réforme du marché du travail. «Les partenaires sociaux ont prouvé qu'ils pouvaient avancer entre eux sur des sujets difficiles, comme par exemple la rupture négociée du contrat de travail ou le maintien des droits à la prévoyance et à la formation pour les salariés qui quittent l'entreprise», a-t-il déclaré, jugeant que l' accord «équilibré».

«Bien entendu, le projet de loi que j'ai demandé au gouvernement d'élaborer reprendra, M. le Premier ministre et cher François, le contenu de l'accord. Je souhaite son adoption aussi rapidement que possible», a également indiqué le chef de l'Etat.

«Nous complèterons le système de fléxisécurité à la française avec la fusion de l'ANPE et de l'Unedic», a-t-il poursuivi, réaffirmant qu'un chômeur refusant deux offres d'emploi «valables» verraient ses allocations suspendues. Le président a également annoncé qu'une réunion sur la protection sociale se tiendrait le 6 février.

Immigration et identité nationale

Le chef de l'Etat a réaffirmé sa politique d'une immigration maîtrisée, balayant l'hypothèse d'une «immigration zéro, irréaliste». «La France ne doit jamais renoncer aux droit de choisir» ses candidats à l'immigration, selon Nicolas Sarkozy qui a une nouvelle foie appelé à une harmonisation européenne sur le sujet.

Service public audiovisuel

Avec la suppression de la publicité, Nicolas Sarkozy espère soustraire les chaînes publiques à la «tyrannie de l'audience». «Les recettes seront compensées intégralement par un financement très largement mutualisé sur la totalité des nouveaux moyens de communication et, je le dis, ce choix n'implique aucune évolution du périmètre de France Télévision», a-t-il assuré.

«Dans un souci de cohérence d'ailleurs, je souhaite que le service public de la radio regroupé au sein de Radio France s'engage sur les mêmes orientations», a poursuivi le chef de l'Etat. «Il s'agira d'accorder plus de place à l'information, à la culture, à la diversité de la création musicale, tout en supprimant aussi le recours à la publicité», a-t-il précisé.

«Avec cette suppression, plus personne n'aura le mauvais prétexte qui consiste à dire la tyrannie de l'audience m'empêche d'avoir des programmes adaptés à une télévision publique», a-t-il conclu.