VIDEO. François Hollande quitte l'Elysée sans dire adieu à la politique

ET APRES? François Hollande a eu le temps de préparer sa sortie depuis le 1er décembre lorsqu’il a renoncé à briguer un nouveau mandat. Mais lui-même avoue n’avoir pour l’heure « aucun projet construit »…

20 Minutes avec AFP

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Le président sortant François Hollande confie les clés de l'Elysée à son successeur, Emmanuel Macron.
Le président sortant François Hollande confie les clés de l'Elysée à son successeur, Emmanuel Macron. — SIPA

François Hollande a transmis dimancheles clés de l’Elysée à son successeur Emmanuel Macron, mais ne compte pas pour autant dire adieu à la vie politique même si ses projets restent flous.

A peine franchies les grilles du palais présidentiel, l’ex-président a traversé la Seinepour se rendre du siège du PS. Avec comme message principal au parti qu’il dirigea durant onze ans : un appel « à inventer, à imaginer l’avenir », quitte à adopter « des formes nouvelles, d’autres modes d’organisations, des structures différentes d’aujourd’hui ».

« Ne jamais dire jamais »

Pas question toutefois pour l’ex-premier secrétaire de s’investir dans cette tâche ardue. « C’est une part de ma vie qui est terminée », a-t-il déjà tranché.

Mais contrairement à son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le président sortant, âgé de 62 ans, s’est bien gardé d’annoncer son retrait de la scène politique. « Il ne faut jamais dire jamais dans la vie », a observé celui qui sera officiellement retraité de la Cour des comptes lundi. Tout juste a-t-il concédé une période de réserve « dans les prochains jours, les prochaines semaines », le temps de laisser le nouveau locataire de l’Elysée prendre ses marques.

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Même si « la tentation d’intervenir peut être forte », pas question, a-t-il promis, d'« apparaître comme un conseiller, un mentor, ou pire encore » de jouer « la mouche du coche » durant les premiers pas d’Emmanuel Macron, son ex-conseiller et ministre. Un ancien président doit « contribuer, aider mais sans gêner ».

Des bureaux dans la rue de Rivoli

Dans l’immédiat, après quelques jours de vacances en France, François Hollande s’installera dans ses nouveaux bureaux de la rue de Rivoli à Paris. Le président sortant qui, durant quasiment tout le quinquennat, a vécu à l’Elysée, est également à la recherche, selon ses proches, d’un appartement à louer à Paris.

Mais ensuite ? François Hollande a certes eu le temps de préparer sa sortie depuis le 1er décembre lorsqu’il a renoncé, la mort dans l’âme, à briguer un nouveau mandat. Mais lui-même avoue n’avoir pour l’heure « aucun projet construit ».

La fondation « La France s’engage » dont il prendra la présidence à la rentrée ? Ce projet lui tient à cœur, mais « ce n’est pas cela qui remplit la vie d’un homme ». Le Conseil constitutionnel ? Certainement pas, « après c’est fini. On n’a pas d’activités autres. On ne peut pas parler », a-t-il déjà tranché.

« Comment puis-je être utile à mon pays ? »

Briguer de nouveaux mandats ? François Hollande, qui les a déjà pratiquement tous exercés en Corrèze – député (1988-1993, 1997-2012), maire de Tulle (2001 à 2008), président du conseil général (2008 à 2012) – n’entend pas suivre l’exemple de l’ex-président Valéry Giscard d’Estaing qui, après son échec en 1981, avait repris un parcours d’élu.

Alors, que faire ? « Je me suis posé cette même question, qui revient sans cesse : comment puis-je être utile à mon pays ? Eh bien, c’est à cette question que je vais répondre maintenant, en réfléchissant, en travaillant, en produisant et en intervenant quand ça me paraîtra utile », a-t-il lui-même répondu, après son dernier discours officiel mercredi lors de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Dans un premier temps, l’expert en stratégies électorales ne devrait pas résister aux sirènes des législatives des 11 et 18 juin.

« C’est toujours en Corrèze que je me ressource »

Le 9, il sera à Tulle, pour le traditionnel hommage aux « 99 pendus de Tulle » exécutés par les soldats allemands de la division Das Reich,  le 9 juin 1944. Mais ce sera aussi l’occasion d’aller apporter son soutien à son ami, le maire PS de la ville, Bernard Combes, candidat dans la 1re circonscription (Tulle-Ussel) qui fut la sienne pendant dix ans.

« C’est toujours en Corrèze que je me ressource, que je reprends des forces (…) Mes forces sont là », confiait récemment François Hollande, conscient du « sentiment de vide » qui pourrait s’emparer de lui.

Lorsque François Hollande s’est rendu à Tulle le 7 mai pour voter au second tour de la présidentielle, des amis lui cherchaient une maison dans sa ville d’adoption.