Hollande fait ses adieux et transmet à Macron le flambeau de la mémoire de l’esclavage

PRESIDENTIELLE « Il vous revient à présent, cher Emmanuel, de porter ce message », a déclaré le futur ancien président de la République…

G. N. avec AFP

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Emmanuel Macron et François Hollande déposent une gerbe en mémoire des victimes de l'esclavage au pied d'une stèle commémorative, au jardin du Luxembourg, mercredi 10 mai.
Emmanuel Macron et François Hollande déposent une gerbe en mémoire des victimes de l'esclavage au pied d'une stèle commémorative, au jardin du Luxembourg, mercredi 10 mai. — Eric FEFERBERG / POOL / AFP
  • François Hollande et Emmanuel Macron ont commémoré l’abolition de l’esclavage au jardin du Luxembourg, à Paris, ce mercredi 10 mai
  • L’actuel président a appelé son successeur à encourager « la paix des mémoires »
  • Il a en outre annoncé la création d’une Fondation pour la mémoire de l’esclavage

Il est « plus que jamais nécessaire de faire la paix des mémoires », a jugé François Hollande ce mercredi, lors de la dernière cérémonie de commémoration de l’esclavage qu’il a présidée, dans les jardins du Luxembourg. « Il vous revient à présent, cher Emmanuel, de porter ce message, ici, en France et partout dans le monde », a déclaré le chef de l’État sortant, à l’issue de la 12e journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition, en s’adressant au nouveau président élu, qui n’a pas pris la parole.

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C’est la deuxième fois que les deux hommes se retrouvaient depuis le second tour de l’élection présidentielle, après la commémoration lundi à l’Arc de Triomphe, à Paris de la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945. « Il ne s’agit pas d’opposer une douleur à une autre », a relevé le président sortant. « Nous sommes là pour empêcher que le pire puisse se reproduire… Nous devons continuer à nous battre contre les discours qui nous jettent les uns contre les autres », a insisté François Hollande.

Création d’une Fondation pour la mémoire de l’esclavage

Rappelant qu’il avait souhaité, il y a un an, que la France se dote d’une Fondation pour la mémoire de l’esclavage, une idée lancée par Jacques Chirac en 2006, le chef de l’État s’est déclaré « fier que la dernière cérémonie avant que je ne confie à Emmanuel Macron la totalité de mes pouvoirs, soit consacrée à la promesse que j’avais faite ».

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage devrait voir le jour en 2018, après la création, depuis le 3 mai, d’un Groupement d’intérêt public (GIP). Ce groupement sera présidé par Jean-Marc Ayrault à l’issue de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères. Le GIP travaillera aussi avec la Ville de Paris à la création d’un mémorial aux esclaves et d’un musée. La création d’un musée de l’esclavage est l’une des demandes récurrentes des associations antiracistes.

François Hollande et Emmanuel Macron, accompagnés du président LR du Sénat Gérard Larcher, ont déposé auparavant ensemble une gerbe en mémoire des victimes de l’esclavage au pied d’une stèle commémorative.