Jean-Marie Le Pen aurait acheté du champagne et du vin avec des fonds du Parlement européen

ACHATS Une modeste dépense de 8.500 euros...

Manon Aublanc
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L'eurodéputé Jean-Marie Le Pen en session au Parlement européen à Strasbourg, le 4 avril 2017.
L'eurodéputé Jean-Marie Le Pen en session au Parlement européen à Strasbourg, le 4 avril 2017. — SEBASTIEN BOZON / AFP

Jean-Marie Le Pen, une fois de plus dans la tourmente. Selon une enquête réalisée par Mediapart, Jean-Marie Le Pen aurait utilisé une partie de ses fonds alloués par le Parlement européen, en tant qu’eurodéputé, pour acheter plus de 8.500 euros de bouteilles de vins et de champagne.

Un étiquetage des bouteilles « spécial Parlement »

Facture du 28 décembre 2016 à l’appuie, l’eurodéputé frontiste se serait servi d’une partie des fonds alloués, prévus pour couvrir des frais de secrétariat ou de représentation, par le Parlement européen pour payer une centaine de bouteilles de grands crus - vins et champagne. Le père de la candidate frontiste les aurait ensuite fait livrer dans son manoir de Montretout à Saint-Cloud. Le tout pour la modique somme de 8.500 euros. Sur cette facture dévoilée par Mediapart, on peut y lire plusieurs noms de grands crus comme « Pomerol », « Saint-Émilion », « Saint-Estèphe », « Saint-Julien », mais aussi des champagnes de renom : « Krug », « Dom Pérignon » ou « Bollinger ». Cette facture, initialement passée inaperçue, a récemment été découverte par les services du Parlement. Des vérifications sont en cours auprès d’un caviste du 1er arrondissement de Paris, qui aurait réalisé la commande. Si la véracité des faits est prouvée, Jean-Marie Le Pen pourrait devoir rembourser l’intégralité de la somme.

Le service de presse du Parlement n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Mais il a rappelé que pour les élus « non-inscrits », comme c’est le cas pour le président d’honneur du FN, une enveloppe de 50.000 euros par an est attribuée pour des dépenses de « secrétariat » ou « liées à des activités politiques et d’information ». Mais selon Mediapart, cette somme permet essentiellement l’achat de gadgets promotionnels. Le prix de ces derniers ne doit pas dépasser 100 euros l’unité. Dans l’investigation réalisée par Mediapart, Jean-Marie Le Pen aurait demandé au caviste d’étiqueter des prix spéciaux pour que la commande « passe » au Parlement. Ainsi, sur la facture, le prix des bouteilles est de 95 ou 97 euros… toujours sous la barre des 100 euros. Pourtant, sur le site du caviste, ces mêmes bouteilles sont beaucoup plus chères, parfois même, le double du prix.