Election: La droite est «en train de vivre son 21-Avril»

CATASTROPHE Pour Jean-François Copé, il s’agit d’un « moment historique », qui nécessite « une grande reconstruction de la droite française »… 

20 Minutes avec AFP

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A 13h dimanche, Jean-François Copé était encore tout sourire.
A 13h dimanche, Jean-François Copé était encore tout sourire. — AFP

La droite est « en train de vivre son 21-Avril », a estimé dimanche l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé en réaction à l’élimination de son candidat François Fillon dès le premier tour de l’élection présidentielle, tandis que la députée européenne Rachida Dati a vu « une défaite morale, historique de la droite ».

« C’était un combat réputé imperdable pour la droite et qui se termine en fiasco lamentable. La droite a été balayée, comme le parti socialiste, et il va falloir en tirer toutes les leçons », a estimé le député-maire LR de Meaux sur France 2, ajoutant qu’il voterait, « la mort dans l’âme », pour Emmanuel Macron au second tour.

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« Une grande reconstruction de la droite française »

Le 21 avril 2002 avait vu le candidat socialiste, Lionel Jospin, éliminé au premier tour de la présidentielle tandis que celui du Front national Jean-Marie Le Pen accédait au second tour face au président sortant Jacques Chirac (RPR), réélu ensuite.

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Pour Jean-François Copé, il s’agit d’un « moment historique », qui nécessite « une grande reconstruction de la droite française ».

« Dès le lendemain de la présidentielle, c’est mobilisation générale pour gagner le maximum de sièges » lors des élections législatives, a poursuivi Jean-François Copé, disant vouloir « rééquilibrer les choses et éviter qu’Emmanuel Macron ne soit la continuation du fiasco de François Hollande ».

« Ce n’est pas la droite et le centre qui ont perdu, c’est François Fillon qui a perdu »

« C’est une défaite claire pour notre parti, notre famille politique », a de son côté estimé Rachida Dati sur France 2. « La France de droite existe, la France de gauche existe, aujourd’hui simplement ceux qui représentent ces deux tendances » se sont « mal comportés », notamment « dans les méthodes pour faire campagne », dans une critique voilée visant notamment François Fillon.

« Moi je dis : quel gâchis », a-t-elle insisté, en rendant hommage aux électeurs de droite « qui ont fait campagne dans une adversité coriace ».

« C’est vrai que ma famille politique, je le dis et je mets peut-être les pieds dans le plat, ne s’est pas mise d’accord sur le plan B », a-t-elle déploré, dans une allusion au maintien de François Fillon malgré sa mise en examen dans des affaires d’emplois fictifs. Même sentiment du côté d’Eric Woerth, chargé de coordonner la campagne de François Fillon, a estimé dimanche que « ce n’est pas la droite et le centre qui ont perdu, c’est François Fillon qui a perdu ».

« Il l’a dit lui-même avec courage et lucidité, c’est les affaires qui ont plombé cette campagne ». « Cette élection, on aurait dû la gagner évidemment », a-t-il dit sur Europe 1. « C’est un désastre pour la famille politique que je représente » mais nos idées « sont bien vivantes », a-t-il conclu.

Laurent Wauquiez, vice-président du parti Les Républicains, a parlé de « défaite terrible », « extrêmement rude » et « très cruelle ». « Mais je reste convaincu que ce ne sont pas nos valeurs qui ont été battues ce soir », a ajouté le président de la région Rhône Alpes Auvergne sur TF1.