Après «Le Canard Enchaîné» et «Mediapart», au tour d'un journaliste du «JDD» de recevoir des menaces de mort

ENQUETE Ces textes sont signés d’un mystérieux « collectif épuration 2J », jusque-là inconnu, et placent « juges et journalistes dans le même sac », sans indiquer de contexte particulier...

L.B. avec AFP

— 

Les menaces de mort reçues par le «JDD»
Les menaces de mort reçues par le «JDD» — Capture d'écran Twitter / Laurent Valdiguié

Une balle et des menaces de mort envoyées par la poste. Au tour d’un journaliste du Journal du dimanche de recevoir la lettre  du « collectif d’épuration 2J » ce mardi. Après quatre magistrats du pôle financier de Paris et les rédactions du Canard enchaîné et de Mediapart, comme le rappelle L’Express, au tour de Laurent Valdiguié, rédacteur en chef de l’hebdomadaire, qui a accompagné sa photo du commentaire : « Sympathique retour de vacances. Au courrier, une balle et des menaces ».

Une enquête préliminaire pour « menaces de mort »

Sur la lettre publiée sur Twitter, on peut lire : « Juges et journalistes dans le même sac. La vigilance et la protection ne durent pas ad vitam… Ce jour-là, nous serons là pour vous ou l’un de vos proches », accompagné d’une tête de mort. En en-tête, les initiales « LV » qui semblent se référer à celles du journaliste.

Ces textes sont signés d’un mystérieux « collectif épuration 2J », jusque-là inconnu, et placent « juges et journalistes dans le même sac », sans indiquer de contexte particulier. Vendredi, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « menaces de mort » après l’arrivée de courriers, contenant des balles, adressés à des magistrats du pôle financier comme aux rédactions du Canard enchaîné et de Mediapart. L’enquête avait été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Les cibles ne semblent pas avoir été choisies au hasard. Les journalistes ou médias ont été à l’origine de révélations sur les soupçons d’emplois fictifs de François Fillon. Ces menaces visent également quatre magistrats financiers. Elles arrivent à moins de trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, alors que les candidats François Fillon (Les Républicains) et Marine Le Pen (Front national) sont visés par des enquêtes menées par le pôle financier du tribunal de Paris.