ETA: L’organisation séparatiste basque annonce vouloir se désarmer ce samedi

CONFLIT Samedi à Bayonne, l’organisation doit remettre à la justice la liste des caches, via des « artisans de la paix » issus de la société civile française...

20 Minutes avec AFP
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Graffiti représentant le logo du groupe séparatiste basque ETA à Bermeo, en Espagne le 30 mars 2017
Graffiti représentant le logo du groupe séparatiste basque ETA à Bermeo, en Espagne le 30 mars 2017 — ANDER GILLENEA / AFP

Après quarante années de violences ayant coûté la vie à plus de 800 personnes, l’organisation séparatiste basque espagnole ETA a confirmé son désarmement samedi dans une lettre publiée jeudi soir peu avant minuit par la BBC.

« Le « jour du désarmement » est demain », indique ETA dans une lettre publiée en anglais et en espagnol et datée du 7 avril, appelant à manifester à Bayonne, dans le sud-ouest de la France, pour éviter que « les ennemis de la paix » contrecarrent cette initiative unilatérale.


Le scénario de la restitution reste flou

Samedi à Bayonne, l’organisation doit remettre à la justice la liste des caches, via des « artisans de la paix » issus de la société civile française. Mais le scénario de cette restitution reste flou, des proches des nationalistes basques se contentant d’indiquer : « des négociations sont engagées avec les autorités françaises ».

L’organisation, née en 1959 dans la lutte contre le franquisme, a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après plus de 40 ans de violences au nom de l’indépendance du Pays Basque et de la Navarre. Mais elle refusait son désarmement et sa dissolution exigés par Madrid et Paris, réclamant une négociation sur ses membres détenus (environ 360, dont 75 en France et une centaine purgeant des peines de plus de dix ans de prison).

LETA n’a « rien à attendre » de Madrid

L’organisation séparatiste basque armée ETA n’a « rien à attendre » du gouvernement espagnol en échange de son désarmement, a déclaré ce vendredi le porte-parole du gouvernement conservateur.

« Que l’ETA sache qu’elle n’a rien à attendre du gouvernement. Elle ne tirera aucun avantage, aucun bénéfice politique », de son désarmement unilatéral annoncé pour samedi, a déclaré Iñigo Méndez de Vigo, ministre de la Culture et porte-parole du gouvernement de Mariano Rajoy.

« Qu’elle se désarme, qu’elle se dissolve, qu’elle demande pardon et aide à clarifier les crimes qui n’ont pas été élucidés », a-t-il également déclaré, réitérant la position de l’Espagne sur l’organisation à laquelle sont attribués 829 morts en quatre décennies de lutte armée.