Marine Le Pen assure avoir tout fait «pour ne pas entrer en politique»

PRESIDENTIELLE Lors d’une rencontre avec des lecteurs du Parisien, la candidate du Front National a évoqué pêle-mèle son entrée en politique, son bras-de-fer avec la justice, la sortie de l’euro et les relations avec son père…  

Fabrice Pouliquen

— 

Marine Le Pen, lors du 1er débat de la présidentielle, mardi 21 mars.
Marine Le Pen, lors du 1er débat de la présidentielle, mardi 21 mars. — Patrick Kovarik/AP/SIPA

Marine Le Pen est entrée en politique par altruisme. En tout cas, c’est ainsi qu’elle le présente lors d’une rencontre avec des lecteurs du Parisienrelatée ce dimanche. « Jeune, j’ai tout fait pour ne pas rentrer dans ce milieu-là. J’en connaissais tous les aspects les plus épouvantables. Les trahisons… J’ai tout vu […] Mais je ne peux pas être heureuse toute seule. […] Je ne peux pas vivre en voyant mon peuple souffrir, être malheureux, être victime d’injustice, de mauvaises décisions politique… »

La justice peut attendre...

Première des cinq principaux candidats à être auditionnée par les lecteurs du Parisien, Marine Le Pen a dû se défendre sur les affaires de justice dans lesquelles elle est impliquée. « Je ne suis pas un exemple ? C’est vous qui le dîtes, vous n’en savez rien », lance-t-elle à Boris Bigot, l’un lecteur du Parisien autour de la table qui lui faisait la remarque qu’elle n’était pas un exemple de probité. Pourquoi alors ne pas s'être rendue à la convocation du juge? « J’ai refusé de m’y rendre parce qu’il y a quinze mois, j’ai demandé la désignation d’un juge d’instruction. On m’a dit non et on a attendu l’ouverture de la campagne présidentielle pour désigner ce fameux juge », répond la candidate du Front National, dénonçant une « instrumentalisation de la justice […] inadmissible. » « S’ils ont attendu quinze mois, ils peuvent bien attendre un mois et demi de plus, ou cinq ans… »

Selon, elle il n’y a « aucune solution magique » pour moraliser la vie politique. « On n’empêchera jamais quelqu’un qui a le souhait de s’enrichir de le faire. Les affaires de M. Fillon révèlent que c’est un homme qui aime l’argent », assène la candidate.

Marine Le Pen a aussi été interrogée sur le passé extrémiste de plusieurs personnes de son entourage. « Ils ont été au GUD [un syndicat étudiant d’extrême droite] quand ils étaient jeunes [Frédéric Chatillon, responsable de sa communication], c’est vrai », commence la candidate frontiste avant de porter l’attention sur l’entourage de François Fillon. «  Anne Méaux, la grande prêtresse de la communication de François Fillon, elle n’est pas du GUD quand elle était jeune ? », lance-t-elle. Et M. Novelli [porte-parole de François Fillon] il n’était pas du GUD lui aussi ? »

« Je n’entretiens plus de relations avec mon père »

La candidate à la présidentielle a par ailleurs dû défendre son programme économique, notamment la sortie de l’euro qu’elle prône. Elle assure que cette sortie aura un impact positif sur nos échanges. « Il y aura un référendum. Et le peuple décidera de rester ou de sortir de l’Union européenne, avec l’objectif qu’il y ait une autre Europe. »

Passage obligé également, la candidate du Front Nationale a été questionnée sur ses rapports avec son père : « Je n’entretiens pas de relations avec mon père », répond-elle sans détour. Il conditionne le rétablissement des relations familiales à son retour sur le devant de la scène politique, ce qu'elle refuse. Jean-Marie Le Pen a été exclu du parti après un énième dérapage sur la seconde guerre mondiale. Un dérapage de trop, aux yeux de sa fille, qui s'acharne à dédiaboliser le parti créé par son père.