Mont-de-Marsan: Hollande rend hommage au «panache» d'Henri Emmanuelli

DISPARITION Le chef de l’Etat s’est exprimé ce samedi à Mont-de-Marsan (Landes) lors d'une cérémonie civile d'hommage à l'ancien président de l'Assemblée nationale décédé mardi…

20 Minutes avec AFP

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François Hollande, le 1er décembre 2017
François Hollande, le 1er décembre 2017 — Lionel Bonaventure/AP/SIPA

Un hommage personnel et quelques messages politiques. « Si Dieu existe, et que Henri l’a rejoint, il aura fort à faire avec lui. Mais qu’Henri sache bien que la République aujourd’hui le salue et ne l’oubliera jamais », a déclaré ce samedi François Hollande devant environ 2.000 personnes, réunies pour un hommage civil à Henri Emmanueli à l’espace François-Mitterrand de Mont-de-Marsan.

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En quête d’une « société plus juste »

Décédé mardi à l’âge de 71 ans, Henri Emmanuelli « était né à Eaux-Bonnes pas loin de chez Cyrano, dont il avait sans autorisation repris le panache. C’est ainsi qu’il était parti à l’abordage pour conquérir des places électorales, pour dénoncer les puissants, pour moquer les Parisiens, pour secouer les timorés, effrayer les droitiers, mais aussi séduire les récalcitrants et faire tomber les citadelles les mieux gardées », a déclaré le chef de l’Etat lors de ce discours d’hommage d’environ une demi-heure.

Celui qui fut son prédécesseur au poste de Premier secrétaire du PS « voulait une société plus juste, où l’égalité serait réelle, l’argent à sa place et le progrès partagé par tous », a-t-il souligné.

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« Il voulait que la gauche gouverne »,

Il « rappelait non sans provocation -il en usait-, non sans malice -il en avait- qu’il avait été banquier [chez Rothschild]. Non pour vanter quelque bonus » mais « pour dire qu’il connaissait la finance, qu’il ne fallait ni la redouter, ni céder à ses charmes, qu’elle devait simplement être maîtrisée et au service de l’économie réelle », a ajouté le président de la République, qui avait fait de la finance son « adversaire » lors de son discours fondateur du Bourget en 2012.

« Il voulait que la gauche gouverne », a assuré le chef de l’Etat, contre « ceux qui aspirent à une opposition tranquille et rédemptrice ». « Il savait que ce confort-là, c’était plus de précarité pour celles et ceux qui souffrent », a également lancé François Hollande, sous le regard de Benoît Hamon, candidat du PS qu’Henri Emmanuelli avait soutenu lors de la primaire.

« Il pourfendait les pères la rigueur qui, on le sait maintenant, ne sont pas toujours des parangons de vertu », a également déclaré le chef de l’Etat, dans une allusion au candidat de la droite François Fillon.

La galaxie PS réunie

Aux notables exceptions de Lionel Jospin, Laurent Fabius ou encore Martine Aubry et Manuel Valls, la grande majorité des ténors du Parti socialiste était présente, à commencer par le tandem exécutif François Hollande et Bernard Cazeneuve, le nouveau ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, élu du Lot-et-Garonne voisin, et Claude Bartolone, lointain successeur de Hneri Emmanuelli au perchoir de l'Assemblée nationale.

A moins d'un mois du premier tour de la présidentielle, Benoît Hamon, candidat PS actuellement en difficulté, et qui avait été soutenu par Henri Emmanuelli lors de la primaire, était également là. Un élu national Les Républicains (LR) figurait aussi dans l'assistance : Gilles Carrez, spécialiste des finances publiques, comme l'était l'ancien député landais.

Henri Emmanuelli a ensuite été inhumé à Laurède, village landais distant de quelques dizaines de kilomètres.