Mélenchon sur Fillon: «Voilà un homme capable de prendre en otage son propre camp politique»

PRESIDENTIELLE Sur le plateau de France 3, Jean-Luc Mélenchon voit dans la manière de François Fillon de s'en remettre au peuple de quoi susciter la pagaille…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon a dénoncé l'attitude de François Fillon (Illustration).
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé l'attitude de François Fillon (Illustration). — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Une « confusion mentale ». Voilà comment Jean-Luc Mélenchon, invité sur le plateau de « dimanche en politique », qualifie la démarche de François Fillon appelant à un rassemblement ce dimanche au Trocadéro. Le député européen a estimé que même pendant la Grande Terreur révolutionnaire, on « n’avait pas osé », rapporte l’AFP.

« Quelle confusion mentale ! Le peuple souverain n’est pas le juge d’affaire de délits. Ce sont les juges qui font ce travail, c’est aux juges d’instruire à charge et à décharge et de présenter des preuves », a expliqué le candidat de La France insoumise à la présidentielle sur le plateau de France 3.

« Je n’ai pas d’autre choix que de faire confiance à la justice. Si je n’en suis pas content, on change les lois, car les juges ne sont pas propriétaires de la justice, ils appliquent les lois », a-t-il poursuivi. Et de conclure : « donc si vous n’êtes pas contents, changez les lois ».

Justice et démocratie en question

« Mais si vous vous en prenez au système de la justice en disant que c’est le peuple souverain qui va décider si vous êtes coupable ou pas, alors même la loi de Prairial pendant la Grande Terreur n’a pas osé le faire ! », s’est indigné M. Mélenchon. Votée en juin 1794 à l’initiative de Robespierre, cette loi avait ouvert la courte période de la Grande Terreur, réduisant les procès révolutionnaires à une formalité.

« C’est la décadence de la Ve République : voilà un homme qui est capable de prendre en otage son propre camp politique. Vous croyez que c’est bon pour la démocratie ? », a encore interrogé M. Mélenchon, évoquant un « système pourri de l’intérieur par l’argent ». Il s’est ensuite adressé au peuple français. « Ou bien vous faites une nouvelle Constitution, vous changez la règle du jeu, vous rendez possible la révocation des élus, vous rendez inéligibles pour toujours ceux qui ont été condamnés pour des délits de cette nature (…), ou bien vous faites une loi de vertu républicaine ou vous aurez la pagaille. »

Pour le candidat, le rassemblement de soutien à François Fillon organisé dimanche au Trocadéro, à Paris, sera une démonstration de « l’aigreur, la discorde, l’esprit de revanche ». « Que va produire M. Fillon aujourd’hui ? De la haine, c’est tout, de la rage », a-t-il regretté.