Le président François Hollande le 10 janvier 2016 à l'Elysée.
Le président François Hollande le 10 janvier 2016 à l'Elysée. — VILLARD/SIPA

JUSTICE

François Hollande prend la défense des fonctionnaires en réponses aux propos de Marine Le Pen

La présidente du Front national s’est directement adressée dimanche aux magistrats, les exhortant à « ne pas contrecarrer la volonté du peuple »…

Le chef de l’Etat a tenu à répondre directement à Marine Le Pen. François Hollande a assuré ce lundi qu’il n’accepterait « jamais qu’on puisse mettre en cause les fonctionnaires dans notre République », dans une allusion transparente à Marine Le Pen, qui avait appelé dimanche les magistrats à « ne pas contrecarrer la volonté du peuple ».

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A quelques semaines de la présidentielle, il s’exprimait lors d’une visite au siège du Grand Orient de France, la principale obédience maçonnique, à Paris, alors que l’on célèbre en 2017 le tricentenaire de la naissance à Londres de la franc-maçonnerie moderne.

Il a rappelé la « neutralité de l’Etat » et l'« impartialité des fonctionnaires »

Rappelant l’engagement des francs-maçons pour la laïcité, François Hollande a souligné les principes qui y étaient attachés, comme la « neutralité de l’Etat » et l'« impartialité des fonctionnaires ». Il s’est aussi inquiété de « ce qui pourrait mettre en cause la République elle-même, ses idéaux sûrement, son organisation vraisemblablement, sa manière avec laquelle elle considère l’être humain ».

« Nous sommes dans une période décisive puisque nous aurons à faire un choix qui fera que notre pays pourra avancer (…) ou reculer », a souligné le chef de l’Etat, qui veut que « tout » soit « dit pour que les choix puissent être éclairés » et « pour ne pas avoir péché par indifférence ou par silence ».

Dimanche en meeting à Nantes, la candidate du Front national, dont le camp est visé par des enquêtes judiciaires, avait demandé aux fonctionnaires « à qui un personnel politique aux abois demande d’utiliser un pouvoir d’Etat pour surveiller les opposants, organiser à leur encontre des coups tordus ou des cabales d’Etat, de se garder de participer à de telles dérives ». Et d’ajouter : « Dans quelques semaines, ce pouvoir politique qui n’a plus rien à perdre ou de comptes à rendre aura été balayé par l’élection », et « ces fonctionnaires devront assumer le poids de ces méthodes illégales ».