Assistants parlementaires du FN: Qui est Catherine Griset, la cheffe de cabinet mise en examen de Marine Le Pen?

JUSTICE La cheffe de cabinet de Marine Le Pen a été mise en examen pour recel d’abus de confiance dans l’affaire des emplois fictifs du FN au Parlement européen…

A.B.

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Marine Le Pen, entourée de son garde du corps Thierry Légier et de sa cheffe de cabinet Catherine Griset, le 4 février 2017 à Lyon. La présidente du FN est accusée d'avoir indûment rémunéré ses deux collaborateurs avec les deniers du Parlement européen.
Marine Le Pen, entourée de son garde du corps Thierry Légier et de sa cheffe de cabinet Catherine Griset, le 4 février 2017 à Lyon. La présidente du FN est accusée d'avoir indûment rémunéré ses deux collaborateurs avec les deniers du Parlement européen. — CHAMUSSY/SIPA

Il y a quelques semaines encore, peu de monde connaissait Catherine Griset, la cheffe de cabinet de Marine Le Pen. Mais ça, c’était avant que son nom n’apparaisse dans l’affaire des soupçons d’emplois fictifs du FN au Parlement européen. Embauchée en tant qu’assistante parlementaire de Marine Le Pen, députée européenne, Catherine Griset est accusée d’avoir été rémunérée par l’institution de Strasbourg alors qu’elle n’aurait effectué qu’un travail national pour le FN, devant ainsi n’être rémunérée que par son parti. 

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Placée en garde à vue par les policiers de l’Office anticorruption (Oclciff) ce mercredi matin avec Thierry Légier, le garde du corps de la présidente du FN, Catherine Griset a dans la foulée été mise en examen pour recel d’abus de confiance. Portrait.

L'« inséparable copine » de Marine Le Pen

L’engagement de Catherine Griset au FN ne date pas d’hier, et ses liens avec Marine Le Pen se sont noués il y a de nombreuses années. « Tout le monde sait qu’elle est mon assistante personnelle. Je l’ai embauchée quand elle avait 25 ans ! » expliquait début février la candidate FN à la présidentielle.

Dans La Politique malgré elle, la jeunesse cachée de Marine Le Pen (éd. La Tengo, 2017), les journalistes David Doucet et Mathieu Dejean qualifient Catherine Griset d'« inséparable copine » de la présidente du FN. Plus encore, la brune aux cheveux longs a même été la belle-sœur de Marine Le Pen, quand elle était mariée au frère d’Eric Iorio, l’ex-mari de la candidate frontiste à la présidentielle. Et au « Carré », le siège du FN à Nanterre (Hauts-de-Seine), son bureau est situé juste à côté de celui de son ex-belle-sœur.

En 2007, « l’assistante personnelle » de Marine Le Pen s’était par ailleurs présentée sous son nom d’épouse, Iorio, aux législatives dans les Hauts-de-Seine. Et à Lyon début février, Catherine Griset était volontiers mise en avant lors des « Assises présidentielles » de Marine Le Pen, grand raout au cours duquel la candidate a dévoilé les grandes lignes de son programme.

Des fonctions européennes à prouver devant la justice

Mais aujourd’hui, celle qui est désormais la cheffe de cabinet de Marine Le Pen semble avoir beaucoup de difficultés à prouver la réalité de son travail à Bruxelles devant le Parlement européen et la justice. Accréditée au Parlement européen du 3 décembre 2010 au 15 février 2016, Catherine Griset « n’a pas été en mesure de démontrer qu’elle résidait de façon continue ou avec un caractère permanent en Belgique, ni qu’elle se rendait régulièrement à son lieu de travail », avait écrit dans un courrier envoyé à Marine Le Pen Klaus Welle, le plus haut fonctionnaire de l’institution européenne. De leur côté, les enquêteurs n’ont trouvé ni bail, ni contrat d’eau ou d’électricité à son nom en Belgique.

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Pour se défendre, Catherine Griset a justifié l’absence de preuves de ses passages à Bruxelles en expliquant qu’elle était « logée par des amis qui avaient une grande maison » et dormait « sur un canapé-lit ». Et si, selon les registres du Parlement, Catherine Griset ne comptabilise que trois heures de présence dans les murs européens entre le 1er octobre et le 31 décembre 2014, c’est parce qu’elle «  rentrait par le parking, dans la même voiture que madame Le Pen ». Une explication jugée peu convaincante, d’autant que les assistants parlementaires sont tenus d’emprunter un portique spécifique lorsqu’ils sortent du parking. Là encore, la cheffe de cabinet de Marine Le Pen a une explication : les huissiers l’auraient laissé entrer par le portique des députés.

Pour Marine Le Pen, qui nie l’affaire en bloc, cela ne fait aucun doute : Catherine Griset a « tout démontré » quant à son « travail réel » de 2010 à 2016 dans les locaux du Parlement européen. Les juges d’instruction du pôle financier, eux, ne sont pas du même avis et ont mis Catherine Griset en examen mercredi du chef de recel d’abus de confiance.