Présidentielle: Pour Charlotte Marchandise, candidate citoyenne, «ça va être difficile» d'obtenir les 500 signatures

INTERVIEW La candidate de la Primaire.org peine à trouver tous les parrainages nécessaires pour continuer sa campagne présidentielle...

Propos recueillis par Coralie Lemke

— 

Charlotte Marchandise le 8 décembre 2016 lors d'une réunion à Strasbourg.
Charlotte Marchandise le 8 décembre 2016 lors d'une réunion à Strasbourg. — Patrick Hertzog / AFP

Elle sillonne la France pour obtenir les 500 signatures d’élus nécessaires pour continuer l’aventure. Charlotte Marchandise est la candidate choisie par les internautes de la Primaire.org. Cette primaire citoyenne, ouverte à tous, permettait aux citoyens de choisir une personne issue de la société civile. Les organisateurs, s’engageaient ensuite à la propulser sur la route de la présidentielle. A un mois de la date limite de dépôt des soutiens, Charlotte Marchandise ne se décourage pas.

>> A lire aussi : Vainqueur des primaires citoyennes, Charlotte Marchandise en route vers la présidentielle

Où en êtes-vous dans la collecte des parrainages nécessaires ?

Nous avons le soutien de 42 élus. Et il y en a 300 que je dois recontacter. Pour ce qui est des fonds, nous avons récolté 77 340 euros.

C’est suffisant ?

Non, c’est compliqué. Cela me permet de payer quelques CDD et pour le reste, c’est la bonne franquette. En déplacement, on dort les uns chez les autres, par exemple. Mais ce n’est pas grave car nous avons une énergie folle.

Vous avez l’espoir de parvenir aux 500 signatures ?

Ça va être difficile mais je reste optimiste. Les élus sont très enthousiastes. Ce qui me manque, c’est le temps. Je me suis engagée dans une course contre la montre. Honnêtement, ça m’agacerait de finir au pied du podium, avec quelque chose comme 420 signatures.

Comment va-t-on chercher ces soutiens quand on n’appartient pas à un parti ?

On improvise beaucoup et je reconnais que ça peut être parfois brouillon. On n’a pas les réseaux des partis, évidemment, mais beaucoup de volontaires et de militants sont là pour nous épauler.

Combien de membres comptez-vous dans votre équipe ?

J’ai 3 salariés et demi, que je paye décemment. Ajouté à cela, notre base de données affiche plus de 3500 volontaires.

Avez-vous l’impression que les Français sont prêts pour une candidature alternative comme la vôtre ?

Absolument. Mon ressenti, c’est qu’ils en ont ras-le-bol de la politique telle qu’elle est exercée à l’heure actuelle. Nous, on ne va pas refaire de discours du Bourget, lors duquel François Hollande déclarait : « mon adversaire, c’est le monde de la finance ».

En tant qu’outsider, où trouvez-vous la motivation chaque jour pour continuer votre campagne ?

Fais ce que tu dois et advienne que pourra. C’était la devise de mon grand-père et j’ai décidé de m’y tenir. Je suis la porte-voix de beaucoup de gens qui voient un espoir en moi. Je fais mon possible pour ne pas les décevoir. Et puis je n’ai aucune envie que mes enfants ne grandissent dans un monde où Marine Le Pen est présidente de la république.

Si vous ne parvenez pas à rassembler 500 soutiens, qu’allez-vous faire lors du 1er tour de la présidentielle ?

Déjà, on va continuer à interpeller les candidats toujours dans la course sur les thèmes qui nous semblent importants. Ce qui est sûr, c’est que je n’exclus pas de voter blanc. Mais je n’appellerai pas à voter pour qui que ce soit.

Et vous en resterez là ?

Non. Nous avons déjà les législatives et les municipales de 2020 dans le viseur. Nous croyons vraiment en un renouveau de la démocratie.