Affaire Fillon: A Poitiers, François Fillon électrise ses troupes (et évite le terrain)

REPORTAGE Le candidat de la droite tenait un meeting au Palais des congrès de Poitiers...

Thibaut Le Gal

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Fillon en meeting à Poitiers
Fillon en meeting à Poitiers — GUILLAUME SOUVANT / AFP

Une bulle d’air dans la tempête ? Empêtré dans les affaires d’emplois présumés fictifs, François Fillon entend relancer sa campagne. Le candidat était en déplacement à Poitiers, dans la Vienne, jeudi. Chahuté lors de ses derniers déplacements, l’ancien Premier ministre s’est épargné le contact du terrain, n’apparaissant qu’au Palais des Congrès du Futuroscope dans la soirée, face à un public survolté. 20 Minutes y était.

Une campagne… Sans terrain ?

Après l’opération « transparence », François Fillon espérait reprendre la main. Mais le retour au terrain s’est fait dans la douleur. Ce n’est sans doute pas un hasard si les visites prévues dans la Vienne sont annulées. « Rien n’avait été validé. Les agendas de campagne changent souvent », justifie un membre de son équipe.

Malgré ces précautions, un comité d’accueil d’une cinquantaine de personnes attend le candidat et ses militants. Avec des casseroles et des chants, tels que « Remboursez les millions ! » scandés devant l’établissement. « On est là pour faire du bruit, pour dire à Fillon que c’est un candidat malhonnête et que ces affaires sont scandaleuses », indique Jean, casserole en main.

Fillon joue la carte anti-système

Toute autre ambiance à l’intérieur de la salle. Entre ferveur et discours anti-médias. Jean-Pierre Raffarin, sénateur de la Vienne, électrise en premier la foule. « On est plus de 3.000 pour te soutenir ce soir ! Trop, c’est trop ! Il y a dans la pression médiatique aujourd’hui, une entreprise de démolition. Ta résistance est superbe ! », n’hésitant pas, à faire siffler les journalistes. François Fillon s’offre alors un bain de foule pour accéder à l’estrade.

« Votre présence m’aide à résister au choc. Je suis aujourd’hui la cible d’une attaque partiale », lance-t-il, les traits tirés. Avant d’abattre la carte anti-système à plusieurs reprises. « On scrute ma vie au laser, cherchant la moindre erreur, la moindre faille, le moindre scoop… Si la violence est si rude, c’est que je suis porteur d’un projet qui bouscule le système. »

Des militants soudés

Ils sont arrivés très nombreux, sous les sifflets et le bruit des casseroles, mais les soutiens de François Fillon ont donné de la voix. « Les manifestations n’empêcheront pas les gens de voter pour lui. D’ailleurs personne ne connaît vraiment le fond des affaires. Je l’ai trouvé très bon lundi lorsqu’il s’est excusé. Il aurait dû juste le faire 15 jours plus tôt », lâche Jacky. « Les révélations ne sont que l’écume des choses. Il n’a rien fait d’illégal » poursuit Patrick. « Nos adversaires doivent rester fair-play. La droite est prise en otage par les médias. Seul le programme de redressement du pays compte vraiment ».

A chaque saillie du candidat, la salle répond, électrique. Dans cette ferveur, le Palais des Congrès a des airs de refuge pour le candidat. Car les « affaires » ne sont pas encore derrière lui. Quelques heures avant sa prise de parole, deux de ses enfants étaient entendus par la police.