Affaire Fillon: Indemnités et «cumul»... On fait le point sur les nouvelles révélations de mardi

POLITIQUE Le « Canard enchaîné » et le « Parisien » publient des informations sur les indemnités de licenciement de l’épouse du candidat et sur un possible cumul d’emplois à plein temps…

M.C.

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Penelope et François Fillon, le 3 juillet 2008 au Québec.
Penelope et François Fillon, le 3 juillet 2008 au Québec. — ROGERIO BARBOSA / AFP

A chaque jour ou presque, son lot de révélations et de démentis dans le « Penelope Gate », qui au gré des nouveaux éléments est peu à peu devenu l’affaire François Fillon. Ce mercredi, le candidat à la présidentielle, visé par de nouvelles révélations du Canard Enchaîné et du Parisien, livre sa « vérité » dans une « lettre aux Français » publiée par le quotidien Ouest-France. Quelles sont ces informations concernant les indemnités de licenciement de son épouse et un possible cumul d’emplois à temps plein ? 20 Minutes fait le point.

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45.000 euros d’indemnités de licenciement

Penelope Fillon, soupçonnée d’emplois fictifs comme assistante parlementaire, aurait touché 45.000 euros d’indemnités de licenciement, affirme dans son édition de mercredi Le Canard enchaîné. Des allégations aussitôt taxées de « mensonges » par François Fillon.

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L’épouse de l’ancien Premier ministre a perçu en août 2002 « 16.000 euros d’indemnités, soit l’équivalent de cinq mois de salaire », alors qu’elle avait retrouvé un mois plus tôt un emploi auprès de Marc Joulaud, suppléant de l’actuel candidat de la droite à la présidentielle, selon l’hebdomadaire satirique, qui assure qu’elle a « cumulé deux salaires durant un peu plus d’un mois ».

Par ailleurs, lorsque François Fillon a mis fin, en novembre 2013, au dernier contrat de son épouse à l’Assemblée nationale, celle-ci a perçu « 29.000 euros » d’indemnités pour 17 mois de travail (rémunérés 65.839 euros net, selon le site internet du candidat), affirme encore le Canard.

Des éléments qui « comportent des erreurs manifestes », a réagi l’intéressé dans un communiqué intitulé « Les mensonges du Canard enchaîné » :

A ces critiques, Louis-Marie Horeau, rédacteur en chef du Canard Enchainé, a répondu à l’Agence France Presse mardi soir que « la principale critique de François Fillon portait sur la date. Or notre information est que dans l’enveloppe globale, 45.000 euros sont des indemnités. Ce qui veut dire qu’avec de l’argent public on a versé des indemnités de licenciement alors qu’une autre embauche était déjà programmée. Une indemnité de cette hauteur-là est hautement contestable. Quant à la date, même s’il y avait une imprécision, qu’est-ce que ça change ? ».

Penelope Fillon cumulait-elle deux emplois à plein temps ?

C’est ce qu’affirme mardi le Parisien. Comme l’a reconnu François Fillon lors de son audition du 30 janvier dernier, son épouse était employée à la Revue des deux mondes entre mai 2012 et décembre 2013, alors qu’elle collaborait aussi avec lui à l’Assemblée de juillet 2012 à novembre 2013. Deux emplois censés être « à plein temps », selon des « sources proches de l’enquête » citées par le Parisien, et qui se chevauchent.

Le quotidien évoque ainsi un contrat de travail antérieur entre les époux Fillon qui fixe la durée du travail de Penelope pour son mari à « 169 heures par mois ». Interrogé par le journal, l’avocat du candidat, Me Antonin Lévy, estime lui qu’il « n’existe aucune incompatibilité » et qu’il s’agit d’une « question d’organisation du temps de travail ».

Un spécialiste du droit du travail cité par le Parisien prévient cependant qu’il « n’y a pas en théorie d’interdiction de cumul des fonctions, mais [que] le salarié ne doit pas dépasser un total de 48 heures par semaine. En cas de dépassement, c’est une infraction pénale de 5e catégorie passible de 1500 euros d’amende. »