Affaire Fillon: La droite opte pour la méthode Coué et se range derrière son candidat

POSITIVITE Malgré « le trouble », les parlementaires font désormais bloc derrière la candidature Fillon…

Thibaut Le Gal

— 

François Fillon et François Baroin paraissent très heureux.
François Fillon et François Baroin paraissent très heureux. — François NASCIMBENI / AFP

Rien qu’un mauvais rêve ? François Fillon espère tourner la page des affaires et relancer sa campagne, au point mort depuis les premières révélations du Canard enchaîné. Depuis lundi, son équipe fait le service après-vente de la conférence de presse.

>> A lire aussi : Suivez l'évolution de l'affaire en direct par ici

Première étape pour le candidat, sa rencontre avec les parlementaires LR en fin de matinée. « On aurait pu s’attendre à une ambiance plus difficile avec les remontées du week-end. Mais, avec la conférence de presse, François Fillon a retourné l’ambiance. Aucune interrogation n’a été soulevée car il a su inverser la tendance, en apportant des preuves sur le fond, et en jouant la transparence », assure Benoist Apparu, son ancien porte-parole.

« Ce n’est pas aux médias de faire le boulot de la justice »

Mais voilà, des interrogations restent en suspens. François Fillon n’a pas apporté de preuves sur la teneur des activités de Penelope en tant qu’assistante parlementaire. Rien non plus sur l’emploi de sa femme par la Revue des deux mondes, ni sur l’affaire des caisses occultes au Sénat. « Je ne vous dis pas qu’il n’y a pas d’interrogations et évidemment certains chiffres choquent parce qu’ils sont ramenés sur quinze ans », coupe Benoist Apparu. « D’ailleurs on sent monter, chez vous les journalistes, cette idée que François Fillon aurait à apporter des preuves de son innocence. Qu’il faut faire encore plus. Ce n’est pas aux médias de faire le boulot de la justice. »

Des explications suffisantes pour les parlementaires ? « Il a regonflé le moral des troupes, en donnant des précisions sur le fond, des chiffres. Et de toute façon, vous n’aurez pas plus d’éléments », répond le député Julien Aubert. « De toute manière, autre chose s’est passée. Ceux qui voulaient faire un putsch ont été ramenés à l’ordre. Ils ont compris qu’il n’y avait pas de plan B. »

« La campagne s’annonce difficile, on part avec un handicap »

On a donc demandé aux « frondeurs » s’ils avaient été convaincus par la défense du candidat. « Je préfère prendre du recul. J’ai dit tout ce que j’avais à dire », nous répond Georges Fenech. Le député sarkozyste, qui avait publiquement voulu débarquer le candidat, a reconnu sa défaite lundi soir, précisant : « J’espère que le 23 avril nous n’aurons pas la gueule de bois. »

Philippe Gosselin, le député de la Manche, est lui aussi rentré dans le rang.

« J’ai trouvé Fillon punchy, offensif. Ça ne masque pas les difficultés qu’il y a eues, et le trouble qui existe et pourrait continuer à exister. Mais il n’y a pas de plan B. Je faisais partie de ceux qui voulaient mettre en avant Alain Juppé : il a dit non trois fois. Les quadras ou les quinquas n’ont eux pas pu ou su se mettre d’accord. Le recours, c’est fini. Il faut maintenant faire campagne et mettre en avant notre projet ».

Les nouvelles révélations du Canard et du Parisien le prouvent : la campagne risque d’être polluée par les affaires. « Il n’y avait pas de bonne solution », poursuit Philippe Gosselin. « Evidemment, c’est risqué pour nous. La campagne va être difficile. On part avec un handicap. Et je ne nie pas l’effet du sparadrap du capitaine Haddock. Personne ne sous-estime le moment où nos adversaires vont ramener tel ou tel sujet pour en faire une polémique. »

Yannick Jadot et le Front national se sont déjà servis des révélations, en dénonçant ce mardi des « conflits d’intérêts » autour de François Fillon, qui a dévoilé certains des clients de sa société de conseil, dont l’assureur Axa.