Affaire Fillon: François Fillon déclare avoir conseillé Axa et relance les soupçons de conflit d'intérêts

SOUPCONS François Fillon a déclaré lundi que sa société de conseil avait effectué une mission pour Axa...

L.C.

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François Fillon le 25 novembre 2016 à Paris.
François Fillon le 25 novembre 2016 à Paris. — PHILIPPE LOPEZ / AFP

Mise à jour mercredi 8 février 2017 : Selon des informations révélées ce mercredi par BFM Business, la mission effectuée par François Fillon pour Axa aurait été rémunérée 200.000 euros.

Une « opération transparence » qui soulève de nouvelles questions. François Fillon a dévoilé lundi lors d’une conférence de presse quelques-uns des clients de sa société 2F Conseil. « J’ai donné des conférences dans de nombreux pays et j’ai conseillé des entreprises. Parmi elles, il y a l’assureur AXA, la société Fimalac et la banque ODDO. J’ai fait partie du conseil de surveillance du cabinet Ricol et Lasteyrie, puis j’y ai exercé en tant que senior adviser ». Cet aveu a relancé les accusations de conflit d’intérêts autour des activités de conseil du candidat LR à la présidentielle, trois de ces entreprises ayant pour point commun d’être ou d’avoir été dirigées par des personnalités proches de François Fillon.

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Henri de Castries, ex-PDG d’Axa et proche de Fillon

« De mi-2012 à mi-2014, 2F Conseil a facturé des missions de conseil stratégique sur des sujets européens et internationaux », répond l’assureur, qui, contacté par 20 Minutes, refuse de réagir aux accusations de conflits d’intérêts. Selon  l’Argus de l’assurance, François Fillon a notamment travaillé sur les négociations sur la directive européenne Solvabilité 2, une réforme imposant aux assureurs européens de disposer d’un capital minumum de colvabilité, entrée en vigueur le 1er janvier 2016.

Poignée de mains entre François Fillon et Henri de Castries, ex PDG d'Axa, le 29 janvier 2017 à Paris.
Poignée de mains entre François Fillon et Henri de Castries, ex PDG d'Axa, le 29 janvier 2017 à Paris. - Witt/SIPA

A l’époque où François Fillon a travaillé pour Axa, le PDG de l’assureur était Henri de Castries, qui a officiellement affiché son soutien au candidat le 17 janvier dernier.

Cette information a fait réagir Yannick Jadot et Marine Le Pen ce mardi. « Quand on travaille pour la société Axa et qu’on commence sa campagne en disant » on va dérembourser une partie des soins « là aussi, je considère qu’il y a des conflits d’intérêts », a dénoncé le candidat écologiste sur Europe 1, qui demandait déjà à François Fillon de dévoiler les clients de sa société en décembre dernier. « On ne peut pas intervenir en même temps comme lobby pour un intérêt privé et en même temps comme législateur censé défendre l’intérêt général », a-t-il ajouté.

« On peut lâcher des mots qui font mal comme le fait Yannick Jadot, et profiter de la situation politique. Mais quand on parle de conflits d’intérêt, il faut caractériser les choses, et pas seulement balancer des boules puantes. François Fillon était à l’époque député, je ne vois pas où il y a conflit d’intérêt », répond le député LR Benoist Apparu.

La candidate du Front national a souligné que « le programme de M. Fillon (…) comme par hasard va exactement au bénéfice des grandes compagnies d’assurances puisqu’il s’agit en réalité de permettre aux mutuelles de prendre la place de la Sécurité sociale ».

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Une réforme santé favorable aux assureurs ?

Le programme de François Fillon pour la primaire prévoyait en effet que l’Assurance-maladie soit recentrée sur les « gros risques », c’est-à-dire sur les « affections graves ou de longue durée » et que « l’assurance privée » prenne en charge « le reste », soit les « petits risques ».

Un projet qui lui avait déjà valu d’être surnommé « le candidat des assureurs contre la Sécurité sociale » par Jean-Luc Mélenchon, le 7 décembre dernier. La ministre des Familles, de l’Enfance et des droits des femmes Laurence Rossignol avait estimé le 1' décembre sur LCP que François Fillon « est proche du milieu des assurances, incontestablement, or il y a des intérêts ». Les dernières déclarations du champion de la droite risquent de relancer le débat.