Affaire Fillon: Le candidat s'excuse, mais n'avance aucune nouvelle preuve face aux accusations

REPORTAGE L'ancien Premier ministre a évoqué un complot visant à l'empêcher d'être candidat...

Thibaut Le Gal

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Fillon à son QG
Fillon à son QG — Martin BUREAU / AFP

« Baissez vos téléphones devant ! Assis ! Mais assis enfin ! » François Fillon n’était pas encore apparu à l’estrade que régnait déjà une incroyable tension à son QG de campagne, porte de Versailles, en fin d’après-midi. Un membre de l’équipe du candidat vient même faire la police entre les plus de 200 journalistes et photographes accrédités.

Son entourage avait promis du lourd : une « totale transparence » sur les polémiques nées des soupçons d’emplois fictifs de son épouse et de deux de ses enfants. Les Français allaient enfin connaître la vérité, prévenaient-ils, après plusieurs jours d’errement dans la communication.

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Des excuses, mais pas de nouvelles preuves

A peine monté à la tribune, l’ancien Premier ministre fait une promesse, l’air grave. « Je comprends le besoin de me voir clarifier les choses. Et je vais le faire. Parce que je n’ai rien à cacher ». Et pendant près d’une heure, le candidat dit beaucoup de choses, attaque la gauche, le système, la justice, et les médias. François Fillon présente même ses excuses pour avoir travaillé avec sa femme et ses enfants. « J’ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd’hui suscite la défiance. C’était une erreur, je le regrette profondément, et je présente mes excuses aux Français ».

Ce que François Fillon ne fait pas, c’est apporter de nouveaux éléments sur le fond des différentes accusations : sa société de conseils, les missions effectuées par sa famille, les reliquats rétrocédés au Sénat, ou la Revue des deux mondes.

« Maintenant, je suis debout »

« Tous les faits évoqués sont légaux et transparents », se contente-t-il de répondre, préférant focaliser son discours sur un complot qui viserait à l’empêcher d’être candidat. « Les faits sont troublants. Pourquoi monter cette opération contre moi ? », interroge-t-il. « Le but de cette opération est d’effacer le choix des électeurs de la primaire […] On ne pourra pas leur voler leur choix. On ne les fera pas taire. Manifestement mon programme dérange », accusant les journalistes d’avoir voulu le « lyncher, l’assassiner politiquement ».

Le candidat insiste : « J’ai mis du temps à réagir, a mesurer que le ciel m’était tombé sur la tête. Maintenant je suis debout ». Avant d’adresser un message ferme à son camp. « Je ne suis pas le candidat d’un parti. Aucune instance n’a la légitimité pour remettre en cause le vote de la primaire ». Le député sarkozyste Georges Fenech, l’un des rares à avoir publiquement voulu débrancher le candidat, reconnaît pour le moment sa défaite, sur RTL. « Il est candidat jusqu’au bout quoi qu’il arrive ». Car François Fillon le laisse entendre : ce sera peut-être le chaos, mais ce sera avec lui.