Penelope Fillon n'a «jamais officialisé» sa qualité d'assistante parlementaire de son mari

ENQUETE La femme de François Fillon a évoqué face aux enquêteurs un travail « très informel », selon des extraits de son audition révélés par « Le Monde »…

20 Minutes avec AFP

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Penelope et François Fillon lors d'un meeting à Paris, le 29 janvier 2017.
Penelope et François Fillon lors d'un meeting à Paris, le 29 janvier 2017. — C. Ena/AP/SIPA

Une travailleuse de l’ombre. Penelope Fillon a déclaré aux enquêteurs ne jamais avoir « officialisé (sa) qualité d’assistante parlementaire » de son mari François Fillon et de son suppléant Marc Joulaud, selon des extraits de son audition révélés ce lundi par Le Monde. Ce travail d’assistante parlementaire (de 1988 à 1990, puis de 1998 à 2002 et de mai 2012 à novembre 2013 auprès du premier et de 2002 à 2007 auprès du second) est au cœur de l’enquête préliminaire sur des soupçons d’emplois fictifs qui ébranle la candidature à la présidentielle de l’ex-Premier ministre.

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« Jamais de compte rendu écrit »

Toujours d’après les extraits de son audition qui s’est tenue le 30 janvier, Penelope Fillon a expliqué, à propos Marc Joulaud : « Il avait besoin de moi pour asseoir son autorité. » Elle a évoqué des entretiens « très informels », « des notes » mais il n’y avait « jamais de compte rendu écrit », a-t-elle précisé. « J’ai souhaité que ma femme l’accompagne (Marc Joulaud) car je voulais garder la main sur la circonscription », a de son côté indiqué François Fillon aux enquêteurs, disant lui avoir « demandé (…) de prendre (sa) femme comme collaboratrice ». Quant à sa rémunération (831.440 euros a calculé Le Canard enchaîné, qui a révélé l’affaire), elle a été "fixée d’un commun accord mais à mon initiative », a-t-il ajouté. Or, selon Le Monde, Penelope Fillon a déclaré au contraire que « c’est Marc Joulaud qui a déterminé le montant » de sa rémunération.

Violation du secret de l’instruction

Contacté par l’AFP, l’avocat de Penelope Fillon, Me Pierre Cornut-Gentille, s’est refusé à tout commentaire sur le fond. Il a dénoncé en revanche « la diffusion par "Le Monde" d’extraits de procès-verbaux ». Leur diffusion « ne peut provenir que d’une violation du secret professionnel par un enquêteur de la police ou un membre du parquet national financier, les seules personnes qui à ce jour ont accès aux auditions ».

Selon Le Monde, François Fillon s’est aussi expliqué sur l’emploi de deux de ses enfants comme assistants (de septembre 2005 à juin 2007), lorsqu’il était sénateur de la Sarthe, alors que son épouse travaillait pour son suppléant à l’Assemblée, Marc Joulaud. Son fils Charles l'« a aidé en travaillant au programme du candidat à l’élection présidentielle (Nicolas Sarkozy, ndlr) sur des sujets institutionnels », a-t-il expliqué, reprend le quotidien. Sa fille Marie, elle, l’aurait aidé à écrire son livre, La France peut supporter la vérité.