VIDEO. Affaire Fillon : Menteuse ? Complice ? L’image de Penelope Fillon a évolué depuis le début du scandale

PRESIDENTIELLE Depuis la diffusion par « Envoyé Spécial » d’un extrait d’une interview de Penelope Fillon datée de 2007, la perception médiatique et politique de l’épouse de l’ex-Premier ministre a évolué...

Marie Lombard

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Penelope Fillon semble attirer la sympathie de certains médias et politiques
Penelope Fillon semble attirer la sympathie de certains médias et politiques — Christophe Ena/AP/SIPA

Menteuse ou épouse modèle ? L’image de la femme du candidat LR à la présidentielle François Fillon a été sérieusement écornée depuis la publication il y a deux semaines par le Canard Enchaîné d’éléments permettant de penser qu’elle aurait pu bénéficier d’un emploi fictif au Parlement.

De femme discrète et dévouée, Penelope Fillon est ainsi devenue successivement une menteuse avide d’argent puis le dindon de la farce. Pour cause, depuis la diffusion par Envoyé Spécial, jeudi 2 février, d’une interview réalisée par le Daily Telegraph en 2007, nombreuses sont les voix à s’élever pour dédouaner l’épouse de l’ancien Pemier ministre et incriminer ce dernier.

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Dans l’interview de 2007, l’épouse du candidat LR affirme en effet n'« avoir jamais été l’assistante de François Fillon ou quoi que ce soir dans ce genre ». En revanche, Penelope Fillon confie « que si [elle n’avait] pas eu le dernier [enfant], [elle serait] sûrement allé chercher un travail ». Elle explique également qu’elle a repris ses études en partie pour que ses enfants ne la voient pas uniquement en tant que mère, « stupide » de surcroît. Des déclarations qui ont eu le don de susciter l’empathie et soulever des questions vis-à-vis de l’épouse de François Fillon. Mince alors, Penelope Fillon était-elle vraiment au courant que son mari lui avait créé un emploi (possiblement fictif) d’assistante parlementaire ? Parmi les politiques et les journalistes, de nombreuses voix se sont élevées pour répondre à cette hypothèse par l’affirmative.

Les politiques émus par l’interview de Penelope Fillon

C’est Cécile Duflot qui la première a réagi à l’émission sur Twitter : « Les mots avec lesquels Penelope Fillon parle de l’image que ses enfants ont d’elle respirent la sincérité et la tristesse. Je ne crois pas que cette femme soit de la duplicité inouïe que signifierait sa connaissance de la situation. Elle devrait être soutenue et protégée », a ainsi déclaré la députée EELV.

Le 5 février ce fût au tour deSégolène Royal de prendre la défense de Penelope Fillon. C’est « une mère de famille très respectable », a clamé la ministre de l’Ecologie le 5 février sur le plateau de Dimanche en politique. La femme du candidat LR a, selon Ségolène Royal, « été victime d’un dispositif qu’elle ignorait manifestement, cela l’enquête le montrera ». Enfin, la ministre socialiste a ajouté que s’il y avait misogynie, les coupables étaient ceux « qui l’ont impliquée dans ce mécanisme ».

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Plus surprenant encore, Florian Philippot a avoué ce lundi sur BFM TV douter de la culpabilité de Penelope Fillon. Après avoir soutenu que François Fillon devait se retirer de la course à la présidentielle, il a confié avoir senti dans les propos de la femme du candidat LR au Daily Telegraph « une espèce de sincérité à tel point qu’on se demandait si elle était bien au courant ». « Est-ce qu’elle est complice ou est-ce qu’elle est victime », s’est-il interrogé avant de conclure. « Peut-être y a-t-il une injustice au fait qu’on ait appelé ça le "Penelopegate" et non pas le "Fillongate" ».

Ainsi certains politiques s’accordent pour dire que Penelope Fillon n’était peut-être pas au courant du présumé emploi fictif créé à son nom par son mari et que le candidat LR serait le seul et unique responsable de la situation.

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Les journalistes aux chevets de Pénélope 

Si l’interview diffusée par Envoyé Spécial a ébranlé les convictions de certains politiques, les journalistes ont également été émus par les propos de Pénélope Fillon.

La chroniqueuse de France Inter Sophia Aram a ainsi confié ses doutes quant au #Penelopegate : « Après avoir vu Envoyé Spécial, ce sentiment que le #Penelopegate désigne la victime plus que le présumé coupable… » a-t-elle ainsi tweeté le 2 février, manifestement saisie de doutes après avoir vu l’interview de Penelope Fillon en date de 2007.

Le 3 février ce fût au tour de Titiou Lecoq, journaliste de Slate, de publier un édito incisif. « J’ai été étreinte d’un terrible soupçon », raconte-t-elle ainsi. « Je m’étais déjà dit que quand tu filais un emploi fictif à ta femme, ça me paraissait logique de la prévenir histoire qu’elle ne dise pas dans plusieurs interviews qu’elle n’a jamais travaillé pour toi. Pourquoi cette erreur ? À moins que cette femme soit tellement considérée comme quantité négligeable que, du coup, tu ne lui expliques rien. Et des années plus tard, à cause de toi, cette femme se retrouve au milieu d’un scandale politique qui la dépasse largement ». François Fillon est ainsi clairement désigné comme le coupable, un coupable qui non seulement a trompé tout le monde mais a livré sa femme en pâture aux médias.

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Le journaliste politique du Monde Bastien Bonnefous se charge pour sa part de conclure : « L’enquête d’Envoyé spécial démontre qu’il ne s’agit pas d’une affaire Pénélope Fillon, mais d’une affaire François Fillon ». Le vent tournerait-il pour la femme du candidat LR ?