VIDEO. «Hamon, c’est encore le libéralisme»... Les militants de Mélenchon repoussent toute alliance avec le candidat socialiste

POLITIQUE Le candidat de la France insoumise tenait un meeting holographique à Paris. L'occasion d'interroger ses soutiens...

T.L.G.

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Melenchon en meeting holographique à Paris
Melenchon en meeting holographique à Paris — Thomas SAMSON / AFP

L’hologramme de Mélenchon est apparu sur la scène des Docks de Paris à Aubervilliers dans la foulée de l’investiture de Benoît Hamon par le Parti socialiste ce dimanche. Sur scène, le candidat de la France insoumise n’a pas évoqué le champion de la primaire. Mais dans un entretien au Parisien ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a écarté toute possibilité de « former une majorité parlementaire » avec son homologue socialiste.

Ce lundi sur RTL, Benoît Hamon a de nouveau tendu la main à l’électorat de gauche. « Ça m’intéresse de discuter avec les responsables de la gauche politique mais ça m’intéresse plus de discuter avec les citoyens de gauche ». Ça tombe bien, 20 Minutes a interrogé quelques personnes présentes au meeting de Mélenchon dimanche à Paris.

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« Hamon, c’est du pipeau »

«Benoît Hamon ? Ça ne m’intéresse pas. Il est le représentant du Parti socialiste. Ceux qu’il va représenter, ce sont donc bien les gens du quinquennat. Manuel Valls, Myriam El Khomri et compagnie. Je ne crois pas que la conciliation soit encore possible », réagit Christophe, 50 ans.

Clément et Hélène, militants au Parti communiste de Bagneux (Hauts-de-Seine), ne disent pas mieux. « Pour moi, ce qu’il dit c’est du pipeau. Il a appartenu au gouvernement du CICE, qui a distribué des milliards aux entreprises sans contreparties sur l’emploi, de la loi Travail, du 49-3 », insiste-t-il. « Quand on voit la démobilisation de l’électorat de gauche après cinq ans de parti socialiste… Les gens sont en colère, désabusés et le FN surfe dessus. Pourquoi on se rallierait à Hamon aujourd’hui ? », s’interroge Hélène.

Elle poursuit. « Le rassemblement n’est pas un vœu pieux. Mais il doit se faire sur les projets. Et sur un programme qui change la vie des gens. Benoît Hamon, c’est encore le libéralisme ! Lui et son équipe n’étaient pas mobilisés vraiment contre la loi Travail. Pourquoi les frondeurs n’ont-ils pas voté vraiment la motion de censure à l’époque ? Le bla-bla, ça suffit. Nous demandons des actes ! »

« Hamon, il est de gauche depuis trois mois »

Silvère, 36 ans poursuit. « Le problème de Hamon, c’est qu’il est de gauche depuis trois mois. Il est d’ailleurs soutenu par le PS qui donnera des investitures aux législatives à Valls ou El Khomri. On ne peut pas faire alliance avec ces gens. Les Français ont besoin de clarté, pas des petites combines. »

Ludivine, 19 ans, est la seule militante interrogée ayant voté Hamon à la primaire. « C’est vrai que certains points du programme se rapprochent. On pourrait gagner ensemble alors que là, avec deux candidats, on ne pourra jamais atteindre le deuxième tour ».