Présidentielle: Démonstration de force d'Emmanuel Macron à Lyon mais pas de nouvelles propositions

PRESIDENTIELLE Emmanuel Macron a semblé se voir déjà vainqueur, parlant plusieurs fois de « notre quinquennat »…

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron à Lyon le 4 février 2017.
Emmanuel Macron à Lyon le 4 février 2017. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Ils étaient 8.000 personnes à l’intérieur du Palais des sports et plusieurs milliers d’autres devant des écrans géants à l’extérieur, selon les organisateurs. Vent dans le dos depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron a fait une démonstration de force samedi à Lyon lors d’un meeting au cours duquel il a parlé valeurs, distribuant bons points à droite et piques à Benoît Hamon, sans dévoiler de nouvelles propositions.

Preuve « d’envie » et « d’enthousiasme »

Voyant la preuve « d’envie » et « d’enthousiasme » dans la présence, il a fait un discours de plus d’une heure et demie, alors que Marine Le Pen tenait sa convention présidentielle dans la même ville.

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Revenant sur sa vision du clivage gauche-droite dans un « moment » d’histoire « grave » où « partout la tentation du repli, de la fermeture gagne du terrain », il a lancé en allusion aux critiques sur son positionnement : « Je ne vous dis pas que la gauche et la droite, ça n’existe plus, que c’est la même chose… Mais ces clivages dans les moments historiques sont-ils indépassables ? », a-t-il interrogé, citant la bataille pour la contraception, la légalisation de l’avortement, la loi de 1905 ou le discours de Jacques Chirac au Vél d’Hiv.

Rendant un hommage appuyé à Philippe Seguin, qui fut le mentor de François Fillon, Emmanuel Macron a cité « l’attachement européen indéfectible » des centristes, le « gène du rassemblement » des gaullistes ou la défense de la laïcité par les radicaux, de gauche et de droite.

Il se voit déjà à l’Elysée

Emmanuel Macron a semblé se voir déjà vainqueur, parlant plusieurs fois de « notre quinquennat », ne lésinant pas sur le lyrisme, y compris pour rendre hommage à son épouse, assise en face de lui regard embué. « Vous pourrez dire, "j’étais là !" », avait-il lancé plus tôt, au micro, à l’extérieur, à des personnes ne pouvant rentrer, dont de nombreux jeunes, venus parfois « par curiosité ».

Le meneur d'« En Marche » a invité ses troupes à « ne pas siffler » ses adversaires, notamment, sans le nommer, François Fillon, car « on ne rassemble pas avec des sifflets ». Il n’a pas manqué non plus de mentionner ses soutiens présents dans la salle comme les académiciens Erik Orsenna et Marc Lambron, le mathématicien Cédric Villani, l’économiste Elie Cohen ou l’internationale de foot Wendy Renard.

A moins de trois mois du premier tour, il annoncé un « engagement » de campagne « en trois mots (prenant) leur souffle dans une histoire plus ancienne que la République : liberté, égalité, fraternité ». Il a décliné ces notions en revenant sur des éléments de programme distillés depuis plusieurs semaines, sur l’emploi, la santé, la culture, ou la « menace terroriste ».

Gong » de départ de la campagne

Critiquant le FN, qui parle « de père en fille, de fille en nièce », Emmanuel Macron a considéré qu'« ils ne parlent pas au nom du peuple » mais « au nom de leurs aigreurs ». Et au socialiste Benoît Hamon, Emmanuel Macron a réservé plusieurs piques, notamment sur le revenu universel d’existence, qu’il a assimilé au RSA actuel.

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Présenté par son équipe comme le « coup de gong » de départ de la campagne, ce meeting prévu de longue date, une fois les primaires achevées, devait servir de borne symbolique à une semaine où les astres paraissaient s’aligner pour l’ancien ministre de l’Economie.

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Cette bonne passe semble se traduire dans les sondages. Samedi, une deuxième enquête d’affilée, réalisée cette fois par BVA-Salesforce, a donné Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle avec 21-22 % d'intentions de vote, et finalement vainqueur face à Marine Le Pen (66 %-34 %) dans la course à l’Elysée.