Présidentielle: Marine Le Pen dévoile son programme pour 2017

PRESIDENTIELLE Mais le chiffrage du programme est sommaire comparé à celui de 2012...

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen le 4 février 2017 à Lyon.
Marine Le Pen le 4 février 2017 à Lyon. — JEFF PACHOUD / AFP

On y voit plus clair dans le programme de Marine Le Pen mais pas autant sur son financement. Sur le programme, pas de révolution, mais quelques évolutions sémantiques. Marine Le Pen, qui est à Lyon pour deux jours d'« Assises présidentielles », a dévoilé samedi ses «  144 engagements » devant plus d’un millier de partisans.

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Nouveautés techniques

Dans une salle à moitié vide, au Palais des congrès, Marine Le Pen, a dévoilé sept grands thèmes de campagne : une France « libre », « sûre », « prospère », « juste », « fière », « puissante » et « durable ». Dans ce fascicule de 24 pages, des continuités : deux référendums rapides, le premier constitutionnel avec notamment « la priorité nationale » ; le second pour « récupérer » les quatre « souverainetés », budgétaire, territoriale, monétaire et législative. Le FN propose, comme en 2012, la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations ; les 35 heures, négociables par branche ; la fin de l’Aide médicale d’État, la « tolérance zéro »…

Les nouveautés programmatiques sont assez techniques, notamment des messages vers les petites entreprises. C’est principalement le vocabulaire qui a été lissé par rapport à 2012: pas de « sortie de l’euro » mais « rétablissement d’une monnaie nationale » ; « prime de pouvoir d’achat » plutôt qu’une « augmentation nette de 200EUR des salaires jusqu’à 1,4 fois le SMIC » ; « remplacer les dispositions de la loi Taubira »… La « perpétuité réelle » est désormais privilégiée à la peine de mort, même si Marine Le Pen, favorable à cette dernière, incite les Français à s’en « saisir » via un référendum d’initiative populaire.

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Chiffrage sommaire

En revanche, le chiffrage des propositions est bien plus sommaire qu’en 2012. Il tient en quatre pages contre huit plus précises en 2012. «La priorité pour le quinquennat sera de retrouver la croissance (…) Le PIB devrait progresser en volume de 2 % dès 2018 jusqu’à 2,5 % par an en fin de quinquennat» et l’inflation «atteindre 2,5 % à compter de 2020», peut-on lire sur ce document publié sur internet. La présidente du FN, en quête de crédibilité pour la présidentielle, veut «rendre 40 milliards d’euros (…) par la baisse des impôts des ménages (20 milliards d’euros) et par des mesures pour leur pouvoir d’achat (20 milliards d’euros)».

La baisse de l’impôt sur le revenu des trois premières tranches, la hausse du plafond du quotient familial, le rétablissement de la demi-part pour les veuves et veufs, la défiscalisation de la majoration des pensions pour les parents de famille nombreuse «redonneront 11 milliards d’euros aux Français», est-il écrit.

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«La baisse de l’impôt sur les sociétés pour les TPE-PME (taux à 24 % au lieu de 33 %) leur redonnera 5,5 milliards d’euros» et le CICE «sera pérennisé, fusionné avec l’ensemble des allègements de charges et conditionné au maintien de l’emploi», d’après ce document.

Marine Le Pen raille les «comptables»

Le FN compte faire des économies sur la gestion de la Sécurité sociale, la fraude sociale et l’évasion fiscale (notamment les profits détournés), l’Union européenne, l’immigration, la réforme institutionnelle et la délinquance pour «dégager près de 60 milliards d’euros en 5 ans», sans plus de détail.

En 2012, le FN espérait près de 41 milliards d’euros d’économies en cinq ans sur le seul poste de l’immigration --un chiffrage contesté par les économistes. Le FN dénonce par ailleurs régulièrement les «7 milliards d’euros» annuels «de contribution nette de la France au budget de l’UE», soit 35 milliards d’euros d’économies potentielles en cinq ans.

Avec ces mesures et «une croissance économique retrouvée», le FN veut «ramener à 1,3 %» le déficit public en 2022 et «diminuer de près de 8 points sur la durée du quinquennat la dette publique pour atteindre 89 % du PIB».

En 2012, Marine Le Pen avait tenu une conférence de presse de deux heures, abreuvant les journalistes de chiffres et de longues démonstrations techniques, afin de crédibiliser le projet. Un document de huit pages de tableaux, avec postes budgétaires détaillés, avait été divulgué dans la foulée. « L’élection ne se jouera pas à la virgule près, mais sur la vision », a dit à l’AFP Jean Messiha, coordinateur du projet. Marine Le Pen a récemment raillé les « comptables ».