Affaire Penelope Fillon: Trois scénarios si François Fillon était éjecté de la présidentielle

POLITIQUE Certains élus de droite demandent le retrait du candidat...

T.L.G.

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François Fillon, en 2016.
François Fillon, en 2016. — JEFF PACHOUD / AFP

Il n’a fallu attendre que quelques jours pour que des élus de droite sortent de leur réserve. « Il n’y a pas de plan B », martelait depuis plusieurs jours l’ensemble de la droite, alors que la pression s’intensifiait chaque jour un peu plus sur la candidature de François Fillon. Mais ce mercredi, les langues se sont déliées, appelant à un plan B.

«Je serai candidat à cette présidentielle», a répondu le candidat dans l'après-midi. En coulisses, les manœuvres ont pourtant commencé pour préparer à un éventuel retrait. Oui, mais comment serait désigné le nouveau candidat ? 20 Minutes fait le point.

1. L’hypothèse Juppé, finaliste malheureux

Pour certains à droite, c’est une question de logique : le candidat arrivé en tête lors de la primaire est hors course ? Prenons le deuxième. Alain Juppé serait alors le seul remplacement crédible. « A mon avis, le seul plan B possible, c’est Juppé, parce que sorti de là personne n’a la carrure », avance d’ailleurs un cadre Les Républicains au Parisien. Constat partagé par l’ancien ministre de l’Education Luc Ferry.

Le député LR Philippe Gosselin, soutien d’Alain Juppé à la primaire, a lancé mercredi « un appel » au maire de Bordeaux « pour qu’il réfléchisse à la possibilité de prendre le relais de François Fillon ». Mais voilà, rien dans la charte de la primaire n’indique que l’homme arrivé en seconde position serait le nouveau champion de la droite en cas de retrait.

2. Une nouvelle primaire ? « Cela prendrait plusieurs mois »

Rien dans la charte de la primaire ? Il faut donc se référer aux statuts des Républicains. L’article 38 indique que le candidat à la présidentielle « est désigné à l’occasion d’une primaire ouverte ». Les statuts ne prévoient rien en cas de retrait. Mais en cas de décès d’un président par exemple, « le Conseil National décide, sur proposition du Bureau Politique, s’il y a lieu d’organiser une primaire en vue de la désignation du candidat à la présidence de la République ».

En théorie, il faudrait donc organiser une nouvelle élection. Reste la pratique. « S’ils me le demandent maintenant, ce serait déjà très compliqué. S’ils me le demandent dans quinze jours, ça serait impossible », indiquait Anne Levade, présidente de la Haute Autorité de la primaire, au Monde il y a quatre jours. Un membre de l’instance confirme à 20 Minutes : « On n’en est pas du tout là… Organiser une primaire demande pas mal de temps. Cela prend même plusieurs mois ».

Or les candidats à la présidentielle n’ont que jusqu’au 17 mars pour déposer les 500 parrainages. D’un point de vue logistique (impression des bulletins, bureaux de vote, etc.), l’agenda paraît intenable. D’ailleurs, la Haute autorité a déjà lancé son processus de dissolution depuis le 25 janvier… le jour même ou le Canard Enchaîné publiait ses premières révélations.

3. Une décision interne

Pas de primaire, reste la désignation du candidat en interne. Le député sarkozyste Georges Fenech a dégainé le premier. « Je pense que le résultat des primaires est aujourd’hui caduc face à cet événement imprévisible […] qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais sur le registre éthique et moral », a-t-il lancé au micro de franceinfo. Plusieurs possibilités sont envisageables : un vote par le bureau politique, le Conseil national voire un Congrès.

« J’appelle vraiment tous les parlementaires, tous les élus de notre famille politique à provoquer un Conseil national extraordinaire. Nous devons prendre une décision dans l’urgence », et pas en « petit cénacle du bureau politique mais en conseil national », précise Georges Fenech.