La société de conseil de Fillon n’a pas eu de clients russes, assure Bruno Retailleau

POLEMIQUE Le porte-parole de François Fillon Bruno Retailleau a nié tout rapport entre la Russie et la société de consulting 2F Conseil ce mardi...

Martin Guimier

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François Fillon à Paris lors d'un meeting à la Villette le 29 janvier 2017.
François Fillon à Paris lors d'un meeting à la Villette le 29 janvier 2017. — Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Opération déminage ce mardi matin sur RMC/BFMTV pour le porte-parole de François Fillon. Alors que le candidat des Républicains à la présidentielle est embourbé dans le PenelopeGate, Bruno Retailleau a tenté d’éteindre l’incendie ouvert sur un autre front : La société de conseil « 2F Conseil » de l’ancien premier ministre, créée en 2012 au sortir de Matignon. Selon des révélations du Canard enchaîné, cette société lui aurait permis de toucher 757.000 euros de salaire net depuis cette date.

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« Quelles puissances étrangères ? »

Rachida Dati l’accusait récemment de s’être « fait payer par les Russes », dans le cadre d’une conférence que François Fillon aurait donnée en Russie et à laquelle elle aurait assisté, selon une information de L’Express. Vendredi, le vice-président du Front national (FN), Florian Philippot, sommait l’ancien Premier ministre de faire la lumière sur l’identité des clients de sa société de consulting 2F Conseil : « La question c’est, qui sont les clients de François Fillon dans cette société, et notamment quelles puissances étrangères ? […] Maintenant qu’il veut diriger la diplomatie de la France, on doit savoir quelles puissances étrangères [l’ont] enrichi » a-t-il dit.

Tandis que Yannick Jadot, candidat d’Europe Ecologie les Verts à la présidentielle, expliquait hier : « Pendant 5 ans, François Fillon a quadruplé son salaire de député. […] Il a touché 17.000 euros par mois de clients dont il cache l’identité. Ce qui circule, c’est que François Fillon aurait travaillé pour des sociétés russes […]. On comprendrait alors la complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine ».

« Je l’ai questionné parce qu’il y a 15 jours le bruit courait que c’était même l’Etat russe, il m’a dit "Ecoute il n’y a pas une société russe, il n’y a pas un groupe russe, il n’y a pas l’Etat russe", les choses sont claires », a déclaré Bruno Retailleau sur BFMTV et RMC. « Non, rien avec la Russie ». Pas de clients russes ? « Non », a-t-il répondu, fustigeant une « fausse rumeur ». « Ce n’est pas Vladimir Poutine  », a-t-il glissé.

 

« Ces informations là, l’Etat, le fisc les a », a fait valoir Bruno Retailleau. « Les choses ont été parfaitement transparentes, déclarées à la Haute autorité », a-t-il souligné, ajoutant que la publication des noms des clients peut les « gêner » et que cette information leur « appartient » aussi.

Une accusation de plus

Mais tant que le candidat des Républicains, également soupçonné d’avoir fourni un emploi fictif à sa femme et d’avoir bénéficié d’un détournement de fonds publics au Sénat, n’aura pas donné plus de précisions sur la nature des clients de son agence de consulting (qui lui a rapporté plus de 600 000 euros net en trois ans), la polémique risque de ne pas s’éteindre.

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Surtout lorsque l’on connaîtla relation privilégiée qu’entretient l’ancien Premier ministre avec le dirigeant russe Vladimir Poutine. Relation qui vient renforcer les accusations de ses opposants politiques, qui le soupçonnent de connivence avec la Russie.