Assistants parlementaires: Le Pen refuse de rembourser les 300.000 euros, le Parlement déclenche les retenues sur salaire

POLITIQUE En l’absence de remboursement dans les délais requis, Marine Le Pen pourrait se voir retirer 50 % de son salaire d’eurodéputée, selon une source parlementaire...

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen
Marine Le Pen — CHAMUSSY/SIPA

A partir de ce mardi, Marine Le Pen devait théoriquement commencer à rembourser un peu moins de 300 000 euros au Parlement européen. Seulement voilà, la candidate FN à la présidentielle a catégoriquement rejeté cette demande de recouvrement.

« Pour rembourser, il faudrait que je les aie perçus, mais je ne m’appelle pas François Fillon », lui-même faisant l’objet d' une enquête sur des soupçons d’emplois fictifs concernant son épouse Penelope, employée comme assistante parlementaire. « De surcroît, je conteste formellement cette décision unilatérale et illégale » a encore dit la présidente du FN, qui avait déjà estimé que l’institution européenne agissait « en violation de l’Etat de droit ».

En conséquence, le Parlement européen a déclaré ce mercredi qu'il déclencherait à partir de février les retenues sur le salaire de Marine Le Pen.

Au cœur de cette affaire, deux emplois de ses collaborateurs qui n’auraient travaillé que pour son parti en France. Le Parlement européen avait en effet envoyé à Marine Le Pen deux lettres de recouvrement lui réclamant près de 340 000 euros, estimant que l’eurodéputée française avait perçu ces sommes pour rémunérer deux assistants qui n’auraient travaillé que pour son parti.

Une assistante parlementaire qui ne travaillait pas au Parlement

Une première lettre a été envoyée le 9 décembre concernant le cas, le plus sérieux, de Catherine Griset. Dans ce cas le recouvrement devrait commencer à partir du 1er février, a rapporté la source, confirmant une information du magazine Challenges.

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Catherine Griset était une assistante accréditée au Parlement européen pendant plusieurs années mais qui en réalité ne travaillait pas dans les locaux de l’institution, a expliqué la source. Le Parlement estime que Catherine Griset exerçait une « activité reconnue » au siège du Front national à Nanterre, le parti présidé par Marine Le Pen, sous l’autorité directe de cette dernière. Dans ce dossier, la somme totale à recouvrir se monte à environ 298 400 euros.

Une « manœuvre » selon l’avocat de Le Pen 

Le second dossier concerne un autre assistant, Thierry Légier, pour un montant de plus de 41 500 euros, le garde du corps de Marine Le Pen. Dans ce cas-là, le recouvrement devrait commencer à une date ultérieure, car la lettre du Parlement a été envoyée mi-janvier. En l’absence de remboursement dans les délais requis, Marine Le Pen pourrait se voir retirer 50 % de son salaire d’eurodéputée, selon la source parlementaire. Thierry Légier a perçu ces salaires en 2011 et Catherine Griset de 2010 à 2016.

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Fin octobre, l’avocat de Marine Le Pen, Marcel Ceccaldi, avait dénoncé dans cette affaire une « manœuvre » pour « gêner l’action de Mme Le Pen au Parlement européen ». « Comment peut-on séparer le travail d’assistant d’un député européen et ses activités auprès de la présidente d’un grand parti politique ? Les questions européennes et les questions sociétales françaises comme les flux migratoires ou l’espace Schengen sont intimement liées », avait-il alors avancé.