Affaire Penelope Fillon: Les 5 arguments les plus catastrophiques du clan Fillon

LE TOP 5 Depuis le début de la polémique autour de l'emploi de la femme de François Fillon au Parlement, les soutiens du candidat multiplient les bourdes...

Marie Lombard

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Les soutiens de François Fillon se mobilisent (maladroitement) dans l'affaire Penelope
Les soutiens de François Fillon se mobilisent (maladroitement) dans l'affaire Penelope — PDN/SIPA

Les petits soldats de François Fillon ne savent plus où donner de la tête. Suite aux révélations publiées par Le Canard Enchainé le 25 janvier, la justice a ouvert une enquête afin de déterminer si la femme de François Fillon, qui aurait été rémunérée pendant huit ans en tant qu’assistante parlementaire de son mari, a bien exercé ces fonctions. Autrement dit : François Fillon a-t-il créé un emploi fictif pour Penelope ? Depuis le coup d’envoi de cette affaire, les membres du clan Fillon se mettent en quatre pour venir relégitimer le candidat LR à la présidentielle… Et il y a des ratés. Tour d’horizon des déclarations les plus catastrophiques des fillonistes depuis le début du scandale :

Le faux pas de Valérie Boyer

Si François Fillon comptait sur le soutien de sa porte-parole il peut repasser. Invitée le 25 janvier sur le plateau deC à vous, Valérie Boyer a d’abord soutenu mordicus que Penelope Fillon avait bien exercé en tant qu’assistante parlementaire. Jusqu’ici, c’est un sans-faute. Mais c’est alors que l’un des chroniqueurs de l’émission, Maxime Switek, lui demande si elle-même a déjà fait travailler quelqu’un de sa famille. Valérie Boyer dérape, affirmant que oui, elle avait rémunéré un de ses fils « mais pour des activités réalisées ». Sous-entendu, Penelope a pour sa part été rémunérée à ne rien faire. Oups.

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Le filon de la mysogynie

D’abord exploité par François Fillon lui-même, qui a accusé Le Canard Enchaîné de misogynie au prétexte que le journal remettait en cause l’emploi de sa femme, l’argument du sexisme a été ressorti le 25 janvier par le coordinateur de campagne du candidat, Bruno Retailleau, alors invité sur le plateau de LCI. « Ce qui est incroyable, c’est que parce que c’est une femme, il faudrait peut-être la cantonner comme j’ai lu dans [l’article du Canard Enchaine] à la confection de confitures ou de tartes aux pommes ? », s’est ainsi insurgé le parlementaire, avant d’être repris par la présentatrice qui lui a rappelé que ce qui était mis en cause n’était pas l’emploi de Penelope Fillon au Parlement mais la réalité de ses activités. La défense est à côté de la plaque.

Peneloppe Fillon, c’est comme Bernie

Le 26 janvier au matin c’est au tour de Thierry Solère, député LR et porte-parole de François Fillon, de monter sur le ring face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Interrogé sur le #Penelopegate, il a pour sa part comparé la position de Penelope Fillon avec celle de Bernadette Chirac à l’époque où Jacques Chirac « est monté sur Paris ». Ainsi, selon lui, Penelope Fillon a « soutenu » son mari depuis la Sarthe, comme l’avait fait Bernadette depuis la Corrèze. Cela expliquerait que la femme de Fillon ait été assistante parlementaire tout en n’étant jamais vue au Parlement, ce qui était un des arguments à l’appui des accusations d’emploi fictif. A une exception près, que JJ Bourdin n’a pas manqué de relever : « Mais [Bernadette] n’a jamais été attachée parlementaire. » Et Thierry Solère de répondre « Bah d’abord je n’en sais rien ». Rien de tel qu’une théorie du grand complot pour sortir François de ce faux pas.

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Le salaire de Penelope Fillon, un exemple de parité

Gérard Larcher, le président LR du sénat, a choisi pour sa part de voir le verre à moitié plein dans le #Penelopegate. Invité au Grand Rendez-vous Europe 1-iTélé-Les Echos, il est revenu sur les 6.900 à 7.900 euros de salaire mensuel touchés par Penelope Fillon à partir de 2002. « Un collaborateur parlementaire, c’est d’ailleurs un motif de fierté chez nous, [gagne] en brut, en moyenne 3.250 euros pour les femmes et moins de 3.000 euros pour les hommes. Ça doit être un des rares cas où les femmes sont mieux traitées que les hommes. » Encore une fois à côté de la plaque, Gérard Larcher semble ne pas avoir saisi que le problème n’est pas là et que, si Penelope Fillon a réellement touché jusqu’à 7.900 euros de salaire mensuel pour un emploi fictif, il n’y a pas de quoi s’en vanter. Next !

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Les épiciers ont bien le droit d’employer leurs conjoints, eux

Et enfin, le dernier prix de la pire excuse trouvée pour contrer la polémique revient au député LR Dominique Bussereau. Interrogé ce lundi dans l’émission Politique Matin sur LCP à propos de l’emploi de Penelope Fillon à l' Assemblée, il a déclaré que « si l’on interdit pour les hommes politiques [l’emploi d’un conjoint], il faudra l’interdire pour les épiciers, les bouchers ». A un détail près : Les épiciers et les bouchers ne sont pas rémunérés par de l’argent public. De plus, encore une fois, la justice ne remet pas en cause le droit des députés d’employer un proche mais bien l’effectivité des activités effectuées par Penelope Fillon en tant qu’assistante parlementaire. Echec et mat pour le clan Fillon.