VIDEO. Primaire à gauche: Rassembler les différents courants du PS, le premier défi de Benoît Hamon

ELECTION Benoît Hamon, vainqueur de la primaire PS sur une ligne clivante, est au défi de rassembler le PS et ses alliés dans la perspective de la présidentielle…

Anne-Laëtitia Béraud

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Benoît Hamon, vainqueur de la primaire organisée par le PS et ses alliées, le 29 janvier 2017 à Paris
Benoît Hamon, vainqueur de la primaire organisée par le PS et ses alliées, le 29 janvier 2017 à Paris — Francois Mori/AP/SIPA

En gagnant la primaire organisée par le Parti socialiste et ses alliés dimanche soir, Benoît Hamon devient le candidat du parti à l’élection présidentielle de 2017. Au second tour de cette consultation, le député des Yvelines l’a emporté face à Manuel Valls avec près de 59 % des voix, contre 41 % pour l’ancien Premier ministre selon des résultats partiels à 23h. La participation totale pourrait être comprise entre 1,9 et 2,1 millions de votants, selon l’institut Elabe pour BFMTV.

>> Le second tour de la primaire PS dans notre live

Pour l’ancien ministre de l’Education qui avait quitté le gouvernement de Manuel Valls à l’été 2014, cette victoire a un goût de revanche. Mais dimanche soir à la Maison de la Mutualité à Paris, Benoît Hamon a joué l’apaisement, célébrant une « gauche vivante et vibrante ». Il a aussi proposé « à tous les candidats à cette primaire » mais aussi à l’écologiste Yannick Jadot et au candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, de construire une majorité gouvernementale.

Mots doux de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs réagi avec « satisfaction » à la victoire de Benoît Hamon sur Facebook : « Que pour désigner son candidat [Benoît Hamon] le PS ait préféré nos mots à ceux de son propre gouvernement est un fait qui donnera ses fruits le moment venu ». Une déclaration synonyme de rapprochement, voire de candidature commune à la présidentielle ? Rien ne peut le prédire aujourd’hui.

En attendant, Benoît Hamon a l’impératif de rassembler les différents courants du PS et de ses alliés. Et la tâche s’annonce difficile. Le Parti radical de gauche a souligné dimanche que le projet porté par Benoit Hamon « ne saurait trouver en l’état l’adhésion des radicaux de gauche ».

« Effacement » de Manuel Valls

Parmi les parlementaires socialistes de l’aile droite du PS, nombre sont tentés de rallier Emmanuel Macron. A l’image du sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb ou du député PS du Cantal Alain Calmette, qui ont annoncé dimanche soir rejoindre le candidat d’En Marche ! La députée PS de Haute-Savoie Bernadette Laclais et le député de Gironde Gilles Savary ont aussi prévenu qu’ils ne se rangeraient pas derrière Benoît Hamon.

Gilles Savary devrait par ailleurs proposer mardi aux députés PS un « droit de retrait de la campagne de Benoît Hamon, une sorte d’objection de conscience », a-t-il déclaré à l’AFP vendredi. Enfin, le finaliste malheureux Manuel Valls devrait « s’effacer » pendant la campagne présidentielle de Benoît Hamon. Le « rassemblement » s’annonce ardu, à trois mois de la présidentielle.