Primaire à gauche: La victoire de Hamon, «prélude de la renaissance du PS»

REPORTAGE « 20 Minutes » était à la soirée électorale des soutiens de Benoît Hamon qui a largement remporté la primaire organisée par la Belle alliance populaire ce dimanche soir…

Laure Cometti

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Benoît Hamon a gagné la primaire organisée par le PS le 29 janvier 2017.
Benoît Hamon a gagné la primaire organisée par le PS le 29 janvier 2017. — Francois Mori/AP/SIPA

Souriant, Will, un béret vissé sur la tête, tient fièrement deux roses rouges dans la grande salle de la Maison de la Mutualité où l’équipe de Benoît Hamon a organisé sa soirée électorale du second tour de la primaire de la Belle alliance populaire. « Deux roses, car il y a deux PS ce soir », explique cet homme de 36 ans. C’est l’aile de Benoît Hamon qui l’a emporté ce dimanche face à Manuel Valls, avec près de 60 % des voix selon des résultats partiels (sur 60 % des bureaux de vote).

La guerre des Deux Roses n’aura pas lieu ?

« Demain il faudra se rassembler, mais ce sera dur », reconnaît Will, redoutant probablement un scénario proche de la guerre des Deux-Roses. Pour l’heure, le camp Hamon savoure les bonnes nouvelles. Il fait chaud dans cette salle remplie de caméras, la musique est festive et les canapés disparaissent peu à peu du buffet, engloutis par des militants heureux. Oubliés, les gros cafouillages du premier tour. Les formules très alambiquées du précautionneux Thomas Clay, à la tête de la Haute autorité, à l’annonce des résultats, font même rire les militants.

Premier soulagement, la participation : 1.101.180 votants dans 60 % des bureaux de vote et un total estimé à 2 millions par l’institut de sondage Elabe. « On n’est pas à la veille de l’explosion du PS, c’est plutôt le prélude de sa renaissance. Ce quinquennat a étouffé la gauche », affirme le député Christian Paul, lieutenant d’Arnaud Montebourg. « Dès le premier tour, la page de ce quinquennat a été tournée ». « C’est un vote historique », renchérit Gérard Filoche, « pour la première fois depuis des décennies c’est la gauche du PS qui l’emporte, grâce aux militants, et pas à l’appareil du parti ».

Avec près de vingt points d’avance sur Manuel Valls, le camp Hamon espère amorcer un large rassemblement, au sein de la famille socialiste divisée pendant cette campagne, et au-delà à gauche. « Il faudra élargir l’équipe de campagne jusqu’au vallsistes », estime le député Alexis Bachelay, porte-parole de Benoît Hamon, malgré les attaques parfois virulentes venues du camp de l’ex Premier ministre. Confiant, il dit ne pas craindre de « fuite massive des vallsistes du PS » et ajoute que certains l’ont déjà contacté dans l’entre-deux-tours.

« Construire une majorité gouvernementale » avec Mélenchon et Jadot

Quant à Yannick Jadot (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), « Benoît Hamon va tendre des mains, comme la déesse Shiva », indique Christian Paul. Le vainqueur de la primaire s’y attelle dans son discours de victoire. « Dès lundi je proposerai à tous les candidats à cette primaire mais aussi à tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche et l’écologie politique, en particulier Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, de ne penser qu’à l’intérêt des Français au-delà de nos personnes. Je leur proposerai de construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable pour le progrès social, écologique et démocratique ». Comme un clin d’oeil musical, le tube disco « We are family » retentit peu après ce discours.

Le nom du candidat d’En Marche n’a pas été cité. « Le risque d’un glissement des électeurs de Valls vers Emmanuel Macron existe », craint pourtant Nathan, 32 ans. « Notre objectif pendant la campagne qui s’ouvre, c’est de battre la droite et l’extrême-droite », affirme Mathieu Hanotin, directeur de campagne.

Les détails de cette nouvelle séquence pour la présidentielle (équipe, calendrier de meetings) devraient être précisés le 5 février lors de l’investiture officielle de Benoît Hamon, à la convention de la Belle alliance populaire.