Primaire à gauche: Hamon, de «Petit Benoît» à candidat à la présidentielle

PARCOURS De «Petit Ben» au candidat du PS pour la présidentielle 2017, Benoît Hamon, 49 ans, est depuis 30 ans au PS...

Anne-Laëtitia Béraud

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Le député des Yvelines Benoît Hamon, candidat à la primaire à gauche, le 27 janvier 2017 à Lille
Le député des Yvelines Benoît Hamon, candidat à la primaire à gauche, le 27 janvier 2017 à Lille — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Qui aurait parié un kopeck, lors de l’officialisation de la candidature de Benoît Hamon à la primaire PS en août 2016, que l’ancien ministre de l’Education avait une chance de gagner cette consultation ?

Bien peu, et notamment parmi ses collègues socialistes qui le surnomment « petit Ben » ou « petit Benoît ». Ce dimanche 29 janvier, Benoît Hamon est pourtant sorti gagnant de cette consultation, après avoir viré en tête au premier tour face à Manuel Valls. Le député des Yvelines obtient 58,65 % des voix selon des résultats publiés à 20h45, contre 41,35 % pour l’ancien Premier ministre.

>> Le live du second tour de la primaire à gauche, en direct

Benoît Hamon va porter les couleurs socialistes à la présidentielle de 2017. Un parti auquel il a adhéré en 1987, se plaçant du côté des Rocardiens. En 1993, à 26 ans, il prend la présidence du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Une formation qui a d’ailleurs été, lors cette primaire, largement acquise à Benoît Hamon.

Proche de Martine Aubry

Apparatchik, homme de réseaux, l’homme est proche de Martine Aubry avec qui il travaille. Celle qui le nomme « petit Ben » le propulse en 2008 porte-parole du PS.

L'ascension continue avec l'arrivée de François Hollande à l'Elysée. En 2012, Benoît Hamon est nommé ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire, avant de rejoindre l’Éducation. Deux ans plus tard, en août 2014, il quitte pourtant le gouvernement avec Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti après des désaccords sur la politique économique de Manuel Valls.

A gauche du parti, le député des Yvelines rejoint les frondeurs sur les bancs de l’Assemblée. Et se dresse notamment contre la loi Macron puis la loi El Khomri. A la mi-août 2016, il se lance dans la primaire socialiste à la surprise de ses collègues.

« La gauche relève la tête »

Pour cette primaire, le quadragénaire a porté un programme de « gauche totale ». Partisan du revenu universel, la mesure a marqué l'agenda de cette campagne et divisé les candidats. Manuel Valls a notamment pourfendu cette mesure jugée excessivement coûteuse.

Dans son discours de victoire dimanche soir, Benoît Hamon a célébré « une gauche vivante et vibrante ». «Ce soir, la gauche relève la tête », a-t-il lancé à ses soutiens, promettant encore: «je veux rassembler tous les socialistes».

Benoît Hamon a par ailleurs annoncé qu'il proposerait dès lundi à Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, candidats d'EELV et de la France insoumise, de «construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable».

Le vainqueur de la primaire PS a enfin fait référence à ses mentors Michel Rocard et François Mitterrand. Les deux figures sont des tutélaires de la gauche, et Mitterrand a été président de la République...