Fillon à La Villette : « J’ai le cuir solide mais qu’on laisse ma femme en dehors de ce débat politique »

MEETING Le couple Fillon a été acclamé à son entrée dans la salle bondée…

20 Minutes avec AFP
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François Fillon et son épouse à leur arrivée à la Villette le 29 janvier 2017
François Fillon et son épouse à leur arrivée à la Villette le 29 janvier 2017 — Eric FEFERBERG / AFP

L’heure de la reprise en main. François Fillon et son épouse Penelope, soupçonnée d’emplois fictifs, ont été ovationnés dimanche par des milliers de militants LR à leur arrivée au grand meeting parisien du candidat de la droite, qui tente de relancer sa campagne.

« Ce n’est pas ma personne » mais « une haute idée de la France qu’on veut abattre », a-t-il lancé avant de reprendre : « A travers Penelope, on cherche à me casser. Moi, je n’ai peur de rien, j’ai le cuir solide. Si on veut m’attaquer, qu’on m’attaque droit dans les yeux, mais qu’on laisse ma femme en dehors de ce débat politique », a déclaré le candidat de la droite à la présidentielle, lors de son premier grand meeting de campagne à Paris.



« Nous n’avons rien à cacher »

« Ils croyaient nous avoir torpillés, ils pensaient qu’ils nous avaient abattus, vous êtes là, vous êtes plus de 15 000 », a lancé dès le début de son discours l’ancien Premier ministre sous les « Fillon, président ». « Depuis le début, Penelope est à mes côtés, avec discrétion, avec dévouement. J’ai construit mon parcours avec elle. Nous n’avons rien à cacher, nous n’avons qu’un seul compte, au Crédit agricole de Sablé [Sarthe] », a également déclaré l’ex-Premier ministre. « Devant vous, mes amis, je veux dire à Penelope que je l’aime et que je ne pardonnerai jamais à ceux qui ont voulu nous jeter aux loups », a dit François Fillon, la voix blanche.

Le couple Fillon a été acclamé à son entrée dans la salle bondée (13 500 personnes inscrites, selon les organisateurs), à la porte de la Villette. Aux cris de « Penelope, Penelope », Mme Fillon, les yeux embués, s’est vu offrir un bouquet de fleurs. Après avoir salué les principaux ténors du parti Les Républicains, le couple Fillon s’est ensuite installé au premier rang, visiblement ému. Le candidat de la droite était entouré des principaux ténors LR, dont Gérard Larcher, Bruno Retailleau, Thierry Solère, mais aussi son ex-rival Alain Juppé, qu’il a largement battu fin novembre au second tour de la primaire de la droite, ou encore le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde.

Une autre affaire pourrait inquiéter Fillon 

Ce meeting doit permettre à François Fillon de reprendre la main d’une campagne qui patine depuis plusieurs semaines. Mais, depuis mercredi, la droite est assommée par les révélations du Canard enchaîné. La très discrète épouse du candidat LR est soupçonnée d’emplois fictifs comme collaboratrice parlementaire de son époux, puis de son suppléant, et salariée de la Revue des deux mondes, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière, ami de l’ex-Premier ministre.

Et François Fillon pourrait être inquiété par une autre affaire, celle des caisses occultes de sénateurs de l’ex-UMP. Le Journal du dimanche (JDD) affirme qu’entre 2005 et 2007, quand il était sénateur de la Sarthe, « François Fillon a perçu sept chèques à son nom » pour « un montant total de l’ordre de 21 000 euros » correspondant à des « reliquats de crédits d’assistants ». Pour Mediapart, il « s’est mis dans la poche une partie des crédits théoriquement réservés à la rémunération d’assistants, grâce à un système de commissions occultes ».