Perquisition à la «Revue des Deux Mondes» et auditions: Où en est l'enquête dans l'affaire Pénélope Fillon?

AFFAIRE PÉNÉLOPE FILLON Jeudi soir, le siège de la revue pour laquelle l’épouse de François Fillon a signé « deux ou peut-être trois notes de lecture » a été perquisitionné…

20 Minutes avec AFP
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François Fillon et son épouse Pénélope devant l'Elysée en 2010.
François Fillon et son épouse Pénélope devant l'Elysée en 2010. — ALFRED/SIPA

L’affaire « Pénélope Fillon » se poursuit, trois jours après les révélations publiées par l’hebdomadaire satirique Le Canard EnchaînéUne perquisition a eu lieu jeudi soir au siège de « La Revue des Deux Mondes », au cœur de l’enquête sur des soupçons d’emplois fictifs de l’épouse de François Fillon, ont affirmé samedi à l’AFP des sources proches du dossier, confirmant une information d’Europe 1.

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Une enquête préliminaire en cours

Le parquet national financier a ouvert mercredi une enquête préliminaire pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits ». Selon l’hebdomadaire, Pénélope Fillon a été employée comme attachée parlementaire de son mari et comme salariée de la revue littéraire, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière. Les enquêteurs s’interrogent sur la réalité de son travail.

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Elle aurait touché environ 500.000 euros brut en huit ans comme attachée parlementaire, et 5.000 euros brut par mois pour son travail littéraire, entre mai 2012 et décembre 2013. L’épouse de François Fillon « a bien signé deux ou peut-être trois notes de lecture », mais « à aucun moment (…) je n’ai eu la moindre trace de ce qui pourrait ressembler à un travail de conseiller littéraire », a déclaré Michel Crépu, qui dirigeait à l’époque « La Revue des Deux Mondes », dans les colonnes du Canard. Il a été entendu vendredi par les enquêteurs de la police judiciaire en tant que témoin.

Comme dans n'importe quelle enquête préliminaire, les magistrats du parquet national financier procèdent donc à des auditions, recueillent des éléments de preuve et analysent le dossier avant de voir s’ouvrir devant eux trois possibilités.

D’abord, ils peuvent classer l’enquête sans suite. Ensuite, ils peuvent faire citer directement l’ancien Premier ministre devant un tribunal mais cela est peu probable vu la complexité de l’affaire. Enfin, ils peuvent ouvrir une information judiciaire entraînant la désignation d’un juge d’instruction seul apte à mettre quelqu’un en examen après avoir lui-même auditionné les protagonistes de l’affaire.

A trois mois du premier tour, la candidature à la présidentielle de François Fillon suscite désormais des interrogations sur un éventuel renoncement de l’ancien Premier ministre.