Primaire à gauche: Manuel Valls combatif mais encore une fois chahuté en meeting

POLITIQUE Le candidat à la primaire tenait un meeting au Palais des sports d'Alfortville...

Thibaut Le Gal

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Manuel Valls en meeting à Alfortville, jeudi 26 janvier.
Manuel Valls en meeting à Alfortville, jeudi 26 janvier. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Manuel Valls parmi les siens à trois jours du duel avec Benoît Hamon. Le finaliste de la primaire organisée par le Parti socialiste tenait un meeting ce jeudi soir à Alfortville (Val-de-Marne) dans la commune de son ami, le sénateur Luc Carvounas. Objectif ? Appeler à une mobilisation massive pour l’emporter lors du second tour, dimanche.

Un Manuel Valls combatif…

Le cadidat s’était montré plus mesuré lors du débat mercredi, après plusieurs jours de tension et d’attaques. Manuel Valls et ses proches étaient-ils allé trop loin ? « Ce n’était pas un pugilat, ni un match de boxe mercredi, mais un débat de fond. Manuel Valls a su montrer les lignes de divergences avec Benoît Hamon », répond Didier Guillaume, son directeur de campagne. « Il était normal que la tension monte, vu les enjeux », justifie Philippe Doucet, son porte-parole. A la tribune, le candidat a remis le bleu de chauffe et tapé à plusieurs reprises sur son adversaire.

« Benoît Hamon propose un quinquennat à 500 milliards, on ne peut pas se faire élire sur un tel projet, ou sinon la gauche perdrait toute crédibilité ! » Mais c’est sur la laïcité, que l’ancien Premier ministre a recueilli le plus d’applaudissements. « Moi, contrairement au porte-parole de Benoît Hamon, je ne suis pas un ami du CCIF », a-t-il lancé. « Je ne veux pas laisser s’installer le communautarisme. On ne peut accepter aucune ambiguïté ! »

… Mais encore une fois chahuté

Après l’enfarinage, après la claque, Manuel Valls a encore connu une mésaventure. Quelques minutes après sa prise de parole, son meeting a été perturbé. Une poignée de personnes a été chaudement évacuée vers l’extérieur de la salle, criant « Touche pas à ma ZEP ! » à plusieurs reprises. Le candidat a tenté de les couvrir avec sa voix. « Il y en a toujours un ! » [pour perturber sa campagne]. En fin de meeting, l’ancien Premier ministre s’en est amusé. « On ne m’a rien épargné, mais j’aime ça, aller au contact ! »

Chez les militants, plutôt Macron que Hamon

C’est la question qui se posera à tous les socialistes dimanche au soir du deuxième tour. Et la tension de l’entre-deux tours n’a rien arrangé. Soutiendront-ils le candidat désigné par la primaire malgré les différences de fond ?

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Philippe Doucet a voulu relativiser. « Je ne crois pas à la tentation Macron, il y aura peut-être quelques départs, mais à la marge ». Les militants pro-Valls sont plus directs. Boris, 32 ans : « Ça va être compliqué de soutenir Hamon, le gagnant devra inclure des éléments de programme du perdant dans le sien. Si Hamon ne bouge pas d’un iota en cas de victoire, je ne pourrai pas le soutenir. Il faudrait injecter une dose de réalité, de pragmatisme… L’implosion du PS est toujours un risque si on tire trop sur la corde. C’est vrai qu’on en parle entre nous. »

Astrid, 59 ans, évoque même un soutien au leader d’En Marche. « Je suis encartée depuis longtemps au PS… Mais ce n’est pas impossible. Au sein de notre section, beaucoup iront voter Emmanuel Macron en cas de défaite dimanche. C’est vrai, on craint que le PS explose. »